Le succès et l’engouement autour de la figure du Shah d’Iran (et plus particulièrement de son fils et héritier en exil, le prince Reza Pahlavi) en Israël s’expliquent par une convergence d’intérêts géopolitiques, une nostalgie historique et une stratégie de communication numérique active.

1. La nostalgie de « l’âge d’or » des relations israélo-iraniennes
Avant la Révolution islamique de 1979, l’Iran du Shah Mohammad Reza Pahlavi était un allié stratégique majeur d’Israël au Moyen-Orient.
  • Coopération multiforme : Les deux pays partageaient une alliance militaire, des accords pétroliers majeurs et une collaboration étroite entre leurs services de renseignement (le Mossad et la Savak).
  • Protection de la communauté juive : Sous la dynastie Pahlavi, la communauté juive d’Iran a connu une période de prospérité et de sécurité inédite, et le Shah a grandement facilité le transit de dizaines de milliers de Juifs fuyant d’autres pays de la région (comme l’Irak) vers Israël. Pour les Israéliens, évoquer le Shah revient à se souvenir d’un Iran amical et laïc, à l’opposé du régime actuel des mollahs.
2. Le positionnement pro-israélien de Reza Pahlavi
Le fils du dernier Shah, Reza Pahlavi, vit en exil et se présente comme une alternative démocratique et laïque au gouvernement de Téhéran.
  • Soutien affiché : Contrairement à d’autres opposants iraniens, il affiche une proximité totale avec Israël, promettant une normalisation immédiate des relations diplomatiques et la fin du programme nucléaire militaire en cas de changement de régime.
  • Une visite historique : En avril 2023, il s’est rendu officiellement en Israël. Accueilli chaleureusement par les plus hautes autorités de l’État (dont le président Isaac Herzog), il a multiplié les symboles forts en se recueillant au Mur des Lamentations et au mémorial de Yad Vashem.
3. La carte du « changement de régime » pour la sécurité d’Israël
Face à la menace existentielle que représente la République islamique (via ses attaques directes et ses proxys comme le Hezbollah ou le Hamas), les dirigeants et l’opinion publique israélienne voient en l’héritier du Shah un vecteur idéal pour encourager un effondrement interne du régime théocratique. Le promouvoir permet à Jérusalem de dissocier le « peuple iranien », perçu comme un allié historique potentiel, du « régime des mollahs ».

4. Une amplification par la guerre numérique
Ce succès est également alimenté par une stratégie d’influence cybernétique. Les services et des groupes d’influence israéliens soutiennent activement la figure de Reza Pahlavi sur les réseaux sociaux afin de façonner le récit d’une transition politique en Iran, ce qui amplifie artificiellement sa popularité et sa visibilité dans l’espace public.

Toutefois, si Reza Pahlavi est le « chouchou » d’Israël, les analystes rappellent que sa popularité réelle au sein même de la population en Iran reste fortement débattue et contestée par d’autres factions de l’opposition.
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