Au Yémen, le risque d’un nouvel engrenage aux retombées planétaires
La victoire éclair des houthistes et le contrôle du détroit de Bab El-Mandeb auront indéniablement des conséquences sur le Yémen et sur la guerre contre l’Iran. La situation pourrait même engendrer un nouveau conflit d’une ampleur inédite au Moyen-Orient, s’inquiète “Arab Digest”. Entre-temps, c’est l’économie mondiale qui trinque, avec l’effondrement des exportations de brut saoudien.
Le conflit au Yémen est entré dans une phase nouvelle, potentiellement décisive. Les houthistes ont mis en déroute la coalition emmenée par les Saoudiens, révélant les graves limites de la stratégie du prince Mohammed ben Salmane (MBS) dans la région.
Confronté à des rebelles yéménites qui consolident leur emprise sur des nœuds vitaux du commerce maritime et sapent les capacités d’exportation de pétrole des Saoudiens, Riyad se retrouve dans une situation de vulnérabilité militaire inédite et face à des difficultés financières croissantes, tandis que se réduit l’éventail de ses options stratégiques.
5 000 km2 conquis par les houthistes
La crise en cours est le fruit de l’échec d’une offensive terrestre mal coordonnée, lancée sur ordre du prince héritier. Conçue pour neutraliser la présence houthiste et vaincre les forces soutenues par l’Iran au Yémen, cette attaque reposait sur une coalition fragile (entre des groupes tribaux, des factions du parti Al-Islah [principal parti d’opposition au Yémen durant la dictature d’Ali Abdallah Saleh, proche des Frères musulmans], les forces de Tarek Saleh [neveu de l’ancien président] et la brigade des Géants [force d’élite]) à qui manquaient tout à la fois un commandement centralisé, une coordination tactique et un soutien logistique.
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