Gestion de l’eau, aéronautique, spatial… « Le potentiel des échanges entre les entreprises israéliennes et d’Occitanie est immense » selon Yoel Mester, diplomate.
Article de Eric Berger.
Yoel Mester diplomate, ministre-conseiller aux affaires de politique intérieure, économiques et scientifiques à l’ambassade d’Israël à Paris, était à Toulouse pendant deux jours pour rencontrer des responsables économiques et institutionnels de la région et envisager de futures coopérations entre les deux pays. Entretien.
La Dépêche du Midi : Où en sont les relations économiques entre Israël et l’Occitanie ?
Yoel Mester : Il existe déjà des liens, notamment dans les domaines scientifiques et académiques. Des entreprises israéliennes sont présentes ici, mais notre objectif est de renforcer ces échanges. Le potentiel est immense. Prenons l’exemple du secteur de l’eau : en Israël, la gestion de l’eau est une question vitale. Nous avons développé des technologies de pointe pour économiser et recycler l’eau, depuis l’irrigation goutte à goutte jusqu’à la gestion des réseaux urbains. Aujourd’hui, nos pertes d’eau dans les systèmes municipaux sont d’environ 8 %, un chiffre très bas. Nous avons aussi beaucoup avancé dans la dessalinisation : environ 80 % de notre eau potable provient de la mer. Je ne dis pas que l’Occitanie doit suivre exactement ce modèle, mais face au changement climatique, la question de l’eau devient cruciale ici aussi. C’est un domaine où nous pourrions coopérer davantage.
Et dans l’aéronautique, secteur phare de la région avec Airbus ?
Il existe déjà des échanges, mais là aussi, nous voulons aller plus loin. Israël dispose d’un secteur aéronautique et spatial très développé. Nous faisons partie, comme la France, du cercle restreint des pays capables de concevoir, fabriquer et exploiter des satellites. Nous avons une expertise particulière dans la miniaturisation, les microsatellites. C’est un domaine où nous pouvons trouver des complémentarités avec les acteurs français, notamment à Toulouse.
Et dans le domaine agricole ?
L’agroalimentaire français est très apprécié en Israël, mais nous avons aussi des produits spécifiques qui intéressent le marché français : fleurs, avocats, épices, herbes… Israël a développé des compétences dans des niches particulières.
Quels sont les secteurs les plus porteurs pour les entreprises françaises en Israël ?
Israël est un pays de haute technologie. La cybersécurité, l’intelligence artificielle, les technologies de pointe sont des domaines très développés. L’agro-technologie, l’agri-photovoltaïque, les énergies renouvelables, notamment le solaire, sont aussi des secteurs prometteurs. Enfin, il y a de grands projets d’infrastructures : nous construisons actuellement des lignes de métro et de train à Tel-Aviv et Jérusalem, et des entreprises françaises y participent déjà.
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