L’une des plus importantes acquisitions jamais envisagées dans la high-tech israélienne ne verra finalement pas le jour. Anthropic, principal concurrent d’OpenAI et développeur de Claude, a renoncé au rachat de Decart AI pour environ six milliards de dollars, après plusieurs semaines de négociations et une procédure approfondie de vérification préalable.
D’après le quotidien économique israélien Globes, les deux sociétés étaient parvenues à un accord de principe. Parmi les principaux obstacles figurait toutefois la volonté d’Anthropic de transférer à San Francisco le cœur de l’activité de Decart, ainsi qu’une grande partie des talents de son centre de développement de Tel-Aviv, qui compte une centaine d’employés. Les fondateurs israéliens Dean et Orian Leitersdorf et Moshe Shalev auraient refusé ce déménagement. Cette exigence n’a cependant pas été publiquement confirmée par les entreprises, qui ont décliné tout commentaire.
Créée en 2023, Decart développe des logiciels permettant d’améliorer les performances des puces utilisées pour entraîner et faire fonctionner les modèles d’intelligence artificielle. En réduisant les besoins en puissance de calcul, sa technologie aurait permis à Anthropic d’absorber une demande croissante tout en limitant ses dépenses colossales en infrastructures. La société israélienne développe également ses propres « modèles du monde », capables notamment de générer des simulations vidéo en temps réel.
Voici les principales raisons qui ont mené à l’échec de ce deal en septembre 2026 :
1. Les doutes techniques lors de la due diligence
Decart s’était fait connaître pour son moteur d’optimisation capable, selon ses affirmations, de multiplier par 8 l’efficacité du calcul des puces informatiques. Cependant, des analystes et des experts du secteur estiment que l’examen approfondi d’Anthropic a pu soulever des doutes sur la viabilité et la réplication de cette technologie à très grande échelle pour des modèles généralistes. Certains rapports de la presse économique suggèrent également que la valorisation de 6 milliards de dollars était devenue difficile à justifier par rapport aux performances réelles de la startup.
2. La proximité d’une introduction en bourse (IPO) massive pour Anthropic
Anthropic prépare activement son introduction en bourse, visant une valorisation historique (pouvant aller jusqu’à 2 000 milliards de dollars). Procéder à une acquisition aussi colossale — qui aurait été la plus grande de son histoire — juste avant de s’introduire sur les marchés financiers représentait un risque de déstabilisation et une distraction financière majeure que l’entreprise a préféré éviter.
3. Une alternative vers un partenariat plus simple
L’abandon du rachat complet ne signifie pas la fin de leur relation. Les deux entreprises étudient actuellement des alternatives à l’acquisition, préférant s’orienter vers une collaboration commerciale ou un investissement financier minoritaire. Cela permettrait à Anthropic de bénéficier de la pile d’optimisation de Decart pour réduire les coûts d’entraînement de ses modèles Claude sans assumer le fardeau de l’intégration structurelle d’une telle entreprise.
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