Assiste-t-on à une fuite des cerveaux depuis les États-Unis vers le Canada ?

Par |2026-09-01T16:40:04+02:001 Sep 2026|Catégories : HIGH-TECH|

Crise de la recherche aux États-Unis : les scientifiques se tournent (aussi) vers le Canada.

En pleine phase de recrutement de scientifiques de calibre mondial, le Canada vient de réussir à attirer 64 chercheurs dans ses universités. La plupart d’entre eux, originaires de treize pays, se détournent des États-Unis, où l’administration Trump procède à une réorganisation profonde et à des coupes budgétaires.

Assiste-t-on à une fuite des cerveaux depuis les États-Unis vers le Canada ? Jeudi 27 août, la ministre de l’Industrie canadienne, Mélanie Joly, annonçait le recrutement de 64 chercheurs de premier plan dans le cadre du Programme des chaires de recherche du Canada Eddie-Goldenberg. Ces derniers devraient prochainement s’installer avec leurs familles “pour faire avancer des secteurs de recherche priorisés par le Canada, comme la résilience climatique, les biotechnologies ou encore l’intelligence artificielle”, résume Radio-Canada.

“Nous parlons des meilleurs chercheurs du monde, issus du MIT, de Harvard et de Carnegie-Mellon, qui choisissent de venir ici pour mener leurs recherches”, confie au Toronto Star Robert Asselin, président d’U15 Canada, un regroupement de quinze universités de recherche canadiennes. “Cela témoigne de l’attractivité de nos universités de recherche de premier plan”, affirme-t-il.

Déçus par les États-Unis

Radio-Canada précise que “les tensions aux États-Unis entre l’administration Trump et le milieu universitaire ont permis de recruter un nombre important de chercheurs de haut niveau de partout dans le monde”. Parmi ces nouveaux titulaires de chaires universitaires, 48 viennent des États-Unis.

C’est le cas de la Française Chloé Arson. Après dix-sept ans passés aux États-Unis, cette ingénieure de formation quittera l’université Cornell pour une chaire spécialisée dans les systèmes énergétiques souterrains et la géomécanique à l’université McGill à Montréal : “J’ai décidé que j’aurais beaucoup plus d’impact au Canada pour développer des technologies de pointe dans un pays qui a la même vision que moi du progrès scientifique.” Le Canadien Raymond Fisman, qui a passé trente ans aux États-Unis, délaissera l’université de Boston pour rejoindre celle de Toronto, pour une chaire de finance et politique économique : “J’ai le sentiment que la politique américaine s’est suffisamment éloignée de mes valeurs personnelles pour que je préfère être ailleurs.”

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