Sur Terre, le champ magnétique de notre planète constitue un immense bouclier invisible. Dans l’espace profond, cette protection disparaît. Pour les astronautes qui partiront demain vers la Lune et, à plus long terme, vers Mars, les radiations constituent donc l’un des principaux dangers du voyage.
Une technologie israélienne pourrait apporter une partie de la réponse.
Une étude scientifique consacrée à AstroRad, un gilet de protection développé par la société israélienne StemRad, vient de présenter les résultats de son expérimentation dans l’espace profond. Publiés dans la revue scientifique Science Advances, ils montrent que le dispositif pourrait réduire considérablement la dose de radiations reçue par les astronautes lors de puissantes tempêtes solaires.
Pour tester le dispositif, il fallait l’envoyer bien au-delà de la Terre. C’est ce qu’a fait la NASA lors d’Artemis I, première grande mission de son programme de retour sur la Lune.
Lorsque la capsule Orion a décollé en novembre 2022 pour un voyage de 25 jours et demi autour de la Lune, elle n’emportait aucun astronaute. À bord se trouvaient en revanche deux mannequins spécialement conçus pour reproduire le corps d’une femme adulte : Zohar et Helga. Zohar portait le gilet israélien AstroRad. Helga voyageait sans protection supplémentaire. Elles étaient truffés de capteurs : 34 détecteurs actifs fournis par le Centre allemand pour l’aéronautique et l’astronautique et la NASA, auxquels s’ajoutaient des milliers de détecteurs passifs. L’objectif était de mesurer avec une grande précision les radiations auxquelles serait exposé un corps humain au-delà de l’orbite terrestre basse. L’expérience MARE réunissait notamment le DLR, la NASA, l’Agence spatiale israélienne, StemRad et Lockheed Martin. Elle constitue la première évaluation dans l’espace profond d’un système portable de protection ciblée contre les radiations.
AstroRad ne cherche pas à envelopper intégralement l’astronaute dans une armure. Son principe est plus subtil : concentrer la protection là où elle est réellement nécessaire. Le gilet protège en priorité les organes et tissus particulièrement sensibles aux radiations, notamment la moelle osseuse, les poumons, l’estomac, le côlon, les seins et les ovaires. Il est composé principalement de polyéthylène haute densité, un matériau riche en hydrogène capable d’atténuer le rayonnement. Son épaisseur varie selon les parties du corps à protéger afin de trouver un compromis entre efficacité, poids et mobilité.
Un détail compliquait toutefois l’expérience : aucune tempête solaire majeure ne s’est produite pendant Artemis I. Les chercheurs ont donc utilisé les mesures réellement recueillies pendant le voyage pour valider un modèle informatique, puis ont simulé ce qui se serait produit si Orion avait rencontré certaines des grandes tempêtes solaires observées par le passé.
Les résultats sont particulièrement encourageants . selon la nature de la tempête solaire, le gilet pourrait réduire l’exposition d’environ 40 à 60 %.
L’intérêt du dispositif ne réside pas seulement dans les chiffres. Une capsule destinée aux missions lointaines peut comporter une zone particulièrement protégée où les astronautes se réfugient lors d’une tempête solaire. Mais un équipage ne peut pas nécessairement interrompre toutes ses activités pendant plusieurs heures. Un gilet portable permettrait aux astronautes de continuer à se déplacer et à effectuer certaines opérations indispensables tout en bénéficiant d’une protection supplémentaire. AstroRad n’est donc pas destiné à remplacer le blindage de la capsule ou les abris anti-radiations. Il constituerait une couche supplémentaire dans un système de protection associant plusieurs technologies.
Les chercheurs estiment que, selon le scénario et l’activité solaire, la réduction de l’exposition obtenue pourrait représenter l’équivalent de 40 à 193 jours supplémentaires d’exposition autorisée dans l’espace profond.
Autre résultat intéressant : à masse égale, cibler les parties les plus vulnérables du corps serait plus efficace que de répartir uniformément le matériau protecteur sur l’ensemble du corps. L’étude estime le gain d’efficacité à environ 30 %.
Pour Israël, l’expérience dépasse le seul succès technologique de StemRad et cherche désormais à intégrer d’autres expériences et équipements scientifiques aux prochaines missions Artemis. Plusieurs entreprises et organismes israéliens ont soumis des projets en vue d’Artemis III et certaines propositions ont déjà franchi une première étape de sélection de la NASA. La décision finale appartiendra toutefois à l’agence spatiale américaine.
Derrière ce gilet se cache un enjeu autrement plus vaste : si l’homme veut un jour voyager durablement vers la Lune et Mars, il devra d’abord apprendre à se protéger d’un espace plutôt inhospitalier.
POUR S’INSCRIRE A LA NEWSLETTER QUOTIDIENNE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D’OEIL CLIQUEZ ICI : https://israj.media-j.com/newsletter
POUR RECEVOIR NOS INFORMATIONS EN DIRECT SUR WHATSAPP CLIQUEZ ICI http://tiny.cc/IsrajInfoIsrael
Tags
Laisser un commentaire