La taxe sur les boissons sucrées supprimée, mais ses effets persistent
Une étude de l’Autorité fiscale israélienne montre que la consommation n’a pas retrouvé son niveau antérieur et que les prix n’ont pas totalement baissé après la suppression de la taxe
Premier constat : son introduction avait provoqué une forte hausse des prix et une baisse d’environ 12 % de la consommation de boissons sucrées. Après sa suppression, la consommation est repartie à la hausse, mais de seulement 5 %. Elle reste donc, pour la plupart des boissons étudiées, inférieure à son niveau d’avant la taxe. L’étude relève par ailleurs un impact plus important au sein de la population ultra-orthodoxe.
L’évolution des prix est également révélatrice. Lors de l’instauration de la taxe, les fabricants avaient non seulement répercuté son montant sur les consommateurs, mais, pour la plupart des boissons, augmenté leurs prix au-delà du coût de la taxe, même en tenant compte de l’inflation.
À l’inverse, lorsque la mesure a été supprimée, les prix ont bien baissé, mais dans des proportions inférieures au montant de la taxe retirée. Autrement dit, la disparition de la taxe n’a pas été intégralement répercutée sur les consommateurs et les prix ne sont pas revenus à leur niveau initial.
La taxe s’élevait notamment à 1 shekel (0,29 euro) par litre pour les boissons sucrées, avec différents barèmes selon leur teneur en sucre ou en édulcorants. Elle avait rapporté environ 900 millions de shekels (257 millions d’euros) à l’État en 2022. Selon les calculs de l’Autorité fiscale, si elle avait encore été appliquée en 2025, les recettes auraient atteint environ 1,05 milliard de shekels (300 millions d’euros).
La taxe avait été instaurée par le gouvernement précédent, à l’initiative du ministre des Finances Avigdor Liberman, avec pour objectif de réduire la consommation de boissons sucrées. Sa suppression, en mars 2023, avait été décidée par le nouveau gouvernement de Benyamin Netanyahu, notamment sous la pression des partis ultra-orthodoxes, qui estimaient qu’elle pénalisait particulièrement leur population. Le ministre des Finances Bezalel Smotrich avait finalement abrogé la mesure, malgré les réserves exprimées par des professionnels de santé.
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