Depuis le 7 octobre 2023 et l’arrêt brutal de l’entrée des ouvriers palestiniens sur les chantiers israéliens, le secteur du bâtiment a dû se réinventer en profondeur. Deux ans plus tard, un constat inattendu émerge chez certains acteurs historiques du secteur : loin d’avoir seulement subi la crise, plusieurs entreprises de construction affirment aujourd’hui que la situation de leur main-d’œuvre est meilleure qu’avant la guerre.
C’est le cas de Zeev Salant, codirecteur général de la société Omer Handasa (Omer Ingénierie), entreprise historique du secteur de la construction récemment introduite en Bourse. Dans les colonnes de Globes, il affirme: « La situation de la main-d’œuvre dans le secteur est aujourd’hui préférable, de notre point de vue, à ce qu’elle était avant la guerre. Certes, les salaires ont augmenté, mais notre productivité a elle aussi progressé, selon nos estimations d’environ 30 % », explique-t-il.
Selon Zeev Salant, le changement se mesure très concrètement dans le rythme des chantiers. Avec les ouvriers palestiniens, la journée de travail débutait généralement à 6h30 et le rangement du matériel commençait dès 16 heures au plus tard. Les chantiers fermaient également pour les fêtes musulmanes en plus des fêtes juives.
Aujourd’hui, la donne a changé : les chantiers ouvrent vers 6h30-6h45 et ferment à 19 heures, y compris le vendredi. Salant évoque également une amélioration nette en matière de sécurité et de qualité d’exécution, des éléments qui, selon lui, rendent la situation actuelle globalement plus avantageuse qu’auparavant.
Baroukh Hadad, co-directeur d’Omer Handasa, partage cette analyse concernant le recours croissant à une main-d’œuvre étrangère : « Je vois d’un bon œil le changement en cours dans le domaine de la main-d’œuvre et la transition vers une main-d’œuvre étrangère. Elle présente des avantages non négligeables : la qualité, le nombre de cadres qu’il faut mobiliser sur le terrain pour obtenir le niveau de qualité requis, et les délais de construction, autant d’éléments qui rendent selon moi les projets encore plus rentables qu’auparavant. »
Il reconnaît toutefois que le secteur reste aujourd’hui en sous-effectif : « Nous manquons encore de travailleurs, mais si cette tendance se poursuit, le secteur de la construction connaîtra une amélioration significative. »
Interrogé sur les raisons pour lesquelles cette inefficacité supposée de la main-d’œuvre palestinienne n’a pas été évoquée plus tôt par les acteurs du secteur, Zeev Salant est catégorique : « Il n’y avait pas d’autre possibilité. Pendant de nombreuses années, l’Association des entrepreneurs et les différentes organisations professionnelles ont tenté de renforcer le recours à une main-d’œuvre étrangère, mais l’État n’a pas répondu favorablement. » Il ajoute que les travailleurs israéliens, malgré la bonne volonté affichée et les nombreuses tentatives, n’intègrent pas ce secteur d’activité, ce qui laissait le secteur du bâtiment dépendant de la main-d’œuvre palestinienne jusqu’à l’arrêt brutal de son entrée après le début de la guerre.
POUR S’INSCRIRE A LA NEWSLETTER QUOTIDIENNE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D’OEIL CLIQUEZ ICI : https://israj.media-j.com/newsletter
POUR RECEVOIR NOS INFORMATIONS EN DIRECT SUR WHATSAPP CLIQUEZ ICI http://tiny.cc/IsrajInfoIsrael
Laisser un commentaire