Maroc et Israël ont signé des accords de défense qui couvrent les drones de surveillance et de combat, la cybersécurité, la guerre électronique, les systèmes de défense antimissile et le renseignement technique. Le système Barak MX, produit par Israel Aerospace Industries, donne la mesure du niveau technologique atteint. BlueBird Aero Systems, spécialiste israélien des drones, a annoncé des projets d’investissement au Maroc.
Le Royaume a cessé de dépendre uniquement de la France et des États-Unis pour son armement. Il a renforcé ses capacités de surveillance sur le Sahara marocain. Et il a créé une dépendance réciproque qui cimente l’alliance, puisque le Maroc a besoin de la technologie israélienne et Israël du marché marocain et de son accès à l’Afrique.
Un pays ne confie pas sa défense nationale à un partenaire qu’il ne juge pas durable.
Ajoutez la cybersécurité, qui n’est pas un sujet abstrait. Le Maroc figure parmi les pays les plus exposés aux attaques informatiques et il a subi en 2025 l’une des plus grandes fuites de données de son histoire, quand un groupe se présentant comme algérien a piraté la Caisse nationale de sécurité sociale. Israël est l’une des premières puissances mondiales du secteur, avec un écosystème alimenté par les vétérans de son unité d’élite du renseignement militaire.
Alors quand on exige de moi que je renonce à cette relation, on me demande de renoncer à des drones qui surveillent nos frontières et à des compétences qui protègent nos données. Ceux qui l’exigent devraient dire clairement ce qu’ils proposent à la place.
Et le Maroc, lui, n’a pas choisi entre deux camps. Il est le seul pays de la région à avoir normalisé ses relations avec Israël tout en présidant le Comité Al-Qods, chargé de la protection des lieux saints islamiques de Jérusalem. Cette double position n’est pas une contradiction, c’est une singularité souveraine, et elle n’appartient qu’à nous. Le Royaume distingue le désaccord politique de la rupture relationnelle, un art d’équilibriste que peu d’États savent tenir et que le Maroc pratique depuis des siècles.
Ceux qui exigent de moi que je choisisse me demandent de renoncer à ce que le Maroc a de plus rare : la capacité de tenir les deux mains.
Je continuerai donc. Pour le Maroc de mes ancêtres, avec toutes ses composantes, y compris l’hébraïque. Diversité, grandeur, panache. Je défendrai nos Juifs et leur culture, qui est la nôtre. Et je continuerai à porter la fraternité entre le Maroc et Israël, malgré les menaces et malgré les insultes.
Un dernier mot, et il n’est pas pour les étrangers.
Il est pour les quelques Marocains qui m’écrivent, ceux de la diaspora surtout. Je sais d’où vient votre colère. Vous avez grandi loin, dans des pays où cette question se règle depuis longtemps en slogans, et vous avez fini par adopter ces slogans en croyant défendre le Maroc. Vous avez importé une grille de lecture étrangère, et vous me la présentez comme du patriotisme.
Le Maroc que vous défendez n’existe pas. C’est un Maroc reconstitué de loin, à partir de ce qu’on entend ailleurs.
Revenez lire la Constitution que vos parents ont votée. Quatre-vingt-dix-huit pour cent.