Les géants du numérique – Meta, Google et Apple – se heurtent à une contestation populaire croissante. Ils enchaînent les revers judiciaires majeurs, pour violation des droits des consommateurs. Au point que certains comparent les big tech à la situation de l’industrie du tabac quelques décennies plus tôt, qui a connu un rapide déclin suite à une multitude de procès.

Pourtant, les profits du secteur de la tech demeurent intactes, tout comme son influence, en décorrélation totale avec ses difficultés juridiques. 

Ces dernières années ont vu s’accumuler les revers judiciaires pour les géants du numérique. Des décisions de justice ont commencé à reconnaître leur responsabilité dans divers préjudices infligés aux utilisateurs – dépendance, exposition à des contenus nocifs, atteintes au bien être – au point que certains observateurs y voient un moment de bascule pour l’ensemble du secteur, comparable à celui qu’avait traversé autrefois l’industrie du tabac.

Malgré cette succession de difficultés judiciaires, aucune de ces entreprises n’a été démantelée, aucune procédure visant à invalider des fusions emblématiques (comme le rachat d’Instagram par Meta) n’a abouti. Jusqu’ici, les sanctions financières se sont limitées à des amendes relativement modestes. Les actions collectives pourraient certes conduire à des montants bien plus élevés, mais leur issue reste pour l’instant incertaine.

 

Un tournant juridique majeur pour le secteur s’est produit en début d’année, avec deux verdicts successifs. Le premier, rendu le 24 mars au Nouveau Mexique, a jugé Meta, la maison mère de Facebook, responsable de ne pas avoir suffisamment contrôlé les prédateurs présents sur ses plateformes, comme l’exige la législation de cet État. Le second verdict, rendu le lendemain à Los Angeles, a vu un jury déclarer Meta et YouTube coupables de négligence pour avoir conçu leurs plateformes avec des mécanismes explicitement addictifs, destinés à encourager une utilisation compulsive chez les jeunes. La plaignante, une adolescente qui avait commencé à utiliser ces applications à l’âge de six ans, affirme avoir développé par la suite une dysmorphie corporelle ainsi que des pensées d’automutilation.

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