Accord Beyrouth-Tel-Aviv : que sont les “zones pilotes” prévues dans le sud du Liban ?
Au cœur des négociations directes entre Israël et le Liban, qui se sont achevées le mercredi 15 juillet à Rome, les “zones pilotes” constituent la pierre angulaire du futur dispositif de sécurité dans le sud du Liban. Ce mécanisme prévoit un retrait progressif des forces israéliennes au profit de l’armée libanaise, chargée de reprendre le contrôle du terrain et de démanteler les infrastructures militaires du Hezbollah.
Le sixième cycle des pourparlers directs entre le Liban et Israël, achevés le mercredi 15 juillet à Rome, a été jugé “positif”. Un accord de principe a été conclu par les deux parties pour le déploiement, dans un premier temps, de l’armée libanaise dans deux “zones pilotes” dans le sud du Liban. Mais aucun calendrier précis concernant le retrait israélien de ces deux premières zones n’a été défini.
Qu’est-ce que les “zones pilotes” ?
Ces zones constituent un projet test destiné à mettre en œuvre le futur dispositif sécuritaire dans le sud du Liban, dont une partie est aujourd’hui occupée par Israël. En vertu d’un accord-cadre conclu le 26 juin, Beyrouth et Tel-Aviv se sont entendus sur un retrait progressif des troupes israéliennes de ces zones, le déploiement de l’armée libanaise et le démantèlement par celle-ci des infrastructures militaires du Hezbollah.
Ces zones seront réparties entre des zones occupées et d’autres non occupées mais soupçonnées d’abriter des caches d’armes, voire des combattants du Hezbollah. Le premier secteur pilote comprend cinq localités situées de part et d’autre du fleuve Litani. À ce jour, les forces israéliennes restent déployées au Liban dans ce que Tsahal décrit comme un “périmètre de sécurité” qui s’étend sur 10 kilomètres à l’intérieur du territoire libanais.
Comme le rappelle le site israélien The Times of Israel, l’armée israélienne s’est dite prête à mettre en œuvre ce retrait, mais attend encore le feu vert politique. De son côté, Beyrouth presse pour que le projet pilote soit lancé “le plus rapidement possible” alors qu’une rencontre à Washington est prévue le 21 juillet entre le président libanais, Joseph Aoun, et son homologue américain, Donald Trump.
Quand ces “zones pilotes” seront-elles mises en œuvre ?
À l’issue des pourparlers, l’ambassade américaine au Liban a affirmé, le 15 juillet, que le processus de mise en œuvre du projet commencerait “dans les prochains jours” et que des “pourparlers techniques approfondis” allaient avoir lieu, rapporte le quotidien libanais L’Orient-Le Jour.
Mais les modalités concrètes de mise en œuvre de l’accord demeurent, à ce stade, assez floues. Selon le Jerusalem Post, un quotidien israélien anglophone, aucun rôle n’a été envisagé pour la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) ni pour l’Organisme des Nations unies chargé de la surveillance de la trêve (Onust). Selon le journal, ces deux missions onusiennes ne devraient pas non plus être associées au futur mécanisme de vérification.
Quelles sont les zones d’ombre de l’accord ?
Malgré les progrès annoncés, Israël ne semble pas disposé à renoncer à sa présence militaire dans le sud du Liban. Lors d’un entretien avec son homologue américain, Pete Hegseth, ce 15 juillet, le ministre de la Défense, Israël Katz, a réaffirmé la volonté de l’État hébreu de maintenir des forces dans les “zones de sécurité” établies au Liban, mais aussi en Syrie et dans la bande de Gaza.
Autre point de divergence évoqué dans les colonnes du quotidien israélien conservateur Israel Hayom : les représentants israéliens ont exigé que l’armée libanaise procède également à des perquisitions, estimant que la plupart des infrastructures du Hezbollah sont dissimulées dans des propriétés privées.
Les représentants de l’armée libanaise ont répondu qu’ils ne pourraient pas mener de telles opérations sans l’adoption préalable par le gouvernement libanais d’une loi instaurant un état d’urgence, qui leur donnerait la base juridique nécessaire pour effectuer de telles missions, rapporte le journal israélien.
De son côté, le Hezbollah, farouchement opposé à cet accord et au principe même de négociations directes avec Israël, a affirmé, ce jeudi 16 juillet, que l’accord était “irréalisable” et qu’Israël ne parviendrait pas à l’imposer à ceux qui s’y opposent.
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