Une intrusion dans les locaux d’Anthropic, une tentative d’incendie au domicile du fondateur d’OpenAI Sam Altman, des menaces contre les salariés des fleurons de l’intelligence artificielle (IA)… Depuis quelques mois, l’ambiance dans la Silicon Valley change. The Wall Street Journal se fait l’écho d’une “recrudescence de discours violents et de menaces” liée à “l’opposition croissante à l’IA”.
En avril, raconte le quotidien économique, “un agent de sécurité d’Anthropic s’est précipité pour empêcher un homme de s’introduire dans le hall d’accueil de la start-up spécialisée dans l’IA la plus valorisée au monde”. L’intrus disait vouloir “alerter” une personne de la direction qu’elle “allait être assassinée”. L’incident s’est déroulé “cinq jours après la tentative d’incendie criminel au domicile du PDG d’OpenAI Sam Altman”.
Appel au meurtre
Le média américain affirme que “la police de San Francisco est intervenue à la suite de plusieurs menaces proférées à l’endroit d’employés d’Anthropic et d’OpenAI”. Elle a découvert “un manifeste appelant à assassiner PDG et investisseurs de l’IA” au cours de son enquête sur l’incendiaire de la maison de Sam Altman. L’homme, qui a été “inculpé de tentative de meurtre et tentative d’incendie criminel, plaide non coupable.
À Anthropic, une nouvelle recrue a menacé d’“écorcher vifs les enfants des employés” en accusant l’entreprise de l’avoir volé. La start-up a également signalé à la police en juin les menaces écrites d’un client mécontent, qui entendait réclamer un remboursement “avec [son] pistolet”.
Selon Liferaft, une entreprise de surveillance des réseaux sociaux et du dark web pour le compte des plus grandes entreprises américaines, “le nombre de menaces numériques visant les responsables de l’IA et des centres de données a été multiplié par sept entre la fin février et le mois de mai”.
Gardes du corps
Certains chefs d’entreprise du secteur ont pris la mesure du changement et “se déplacent avec des gardes du corps armés”. Les entreprises de la tech, “grandes et petites”, renforcent leurs dispositifs de sécurité.
C’est que la colère contre l’IA et les data centers, la crainte d’une razzia sur l’emploi et l’environnement se font de plus en plus fortes. Un récent sondage a montré que 55 % des Américains considèrent que “l’IA fait plus de mal que de bien”.
Daniel Green, consultant spécialisé en formation à l’IA, explique que les “personnes qu’il rencontre ont intégré le discours selon lequel cette technologie détruit des emplois et que l’utiliser revient à former un remplaçant”. Il souligne : “On parle souvent de l’IA en évoquant la révolution industrielle, et les luddites [qui cassaient les machines de l’industrie textile] étaient en réalité très violents.”
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