Israël lance un appel d’offres pour la prospection de nouveaux gisements de gaz naturel en Méditerranée.

Pour le ministre de l’Énergie, ce secteur a prouvé sa viabilité économique ; selon le commissaire au pétrole, quelque 400 milliards de mètres cubes restent encore à découvrir dans les eaux israéliennes

Reuters — Israël a lancé son cinquième appel d’offres pour la prospection de nouveaux gisements de gaz naturel dans la zone économique exclusive (ZEE) du pays, a déclaré lundi le ministre de l’Énergie, Eli Cohen. L’objectif est double : renforcer les réserves nationales et développer les exportations.

Pour couvrir ses besoins en gaz, Israël s’appuie sur plusieurs gisements situés au large de sa côte méditerranéenne, principalement celui de Tamar. La majeure partie des exportations, principalement vers l’Égypte et la Jordanie, provient quant à elle du gisement voisin de Léviathan, à 130 kilomètres au large des côtes.

Ces deux sites appartiennent au bassin du Levant, en Méditerranée orientale.

L’appel d’offres se déroulera en trois phases et durera environ un an, a précisé Cohen.

Chevron, qui exploite les gisements de Tamar et de Léviathan, sera autorisé à participer à l’appel d’offres au sein d’un consortium.

« Le secteur gazier a prouvé sa viabilité économique », a souligné Cohen lors d’une conférence de presse. Les exportations vers l’Égypte et la Jordanie « contribuent à promouvoir la stabilité régionale », a-t-il ajouté.

Le ministre de l’Énergie, Eli Cohen, prend la parole lors d’une réunion de la commission économique à la Knesset, à Jérusalem, le 18 février 2026 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

En décembre, Israël a approuvé un accord de 35 milliards de dollars prévoyant la fourniture de 130 milliards de mètres cubes de gaz (bcm) à l’Égypte jusqu’en 2040.

Cet appel d’offres était prêt depuis des mois, mais son lancement avait été retardé par les conflits régionaux. Selon Cohen, c’est l’accord conclu entre Israël et le Liban, susceptible d’attirer davantage d’entreprises étrangères, qui a créé les conditions propices au lancement de la procédure.

Conformément à la loi, les 50 premiers bcm de gaz découverts sont réservés à la consommation locale. Le reste est réparti entre la consommation nationale et les exportations.

Pour le commissaire au pétrole Chen Bar Yoseph, il resterait jusqu’à 400 bcm de gaz à découvrir. Israël consomme 14 bcm par an et exporte 14 bcm supplémentaires. Le gisement de Léviathan recèle environ 600 bcm de gaz naturel.

Selon Bar Yoseph, si l’Europe reste intéressée par le gaz israélien, il manque toutefois un gazoduc. De plus, Israël ne dispose aujourd’hui pas de réserves suffisantes pour exporter vers l’Europe. Cette situation pourrait néanmoins changer si les dernières explorations débouchaient sur d’importantes découvertes de gaz.

L’année dernière, Israël a octroyé à BP, à la compagnie pétrolière nationale azérie Socar et à la société locale NewMed Energy des licences pour explorer les gisements de gaz naturel dans les eaux israéliennes.

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