Changer la couleur de ses yeux. La kératopigmentation prend de l’ampleur en Israël.

Par |2026-07-02T07:05:10+02:002 Juil 2026|Catégories : Non classé|

On croyait la couleur de nos yeux fixée à la naissance, gravée dans nos gènes pour toujours. C’est fini. Désormais, en cet été 2026, on peut passer d’un marron banal à un vert anis ou à un bleu Riviera, en une seule séance et pour le restant de ses jours. L’opération s’appelle la kératopigmentation, c’est la chirurgie esthétique tendance du moment, et elle vient de s’offrir plusieurs pages dans le New York Times.

Le principe a de quoi faire loucher. Le chirurgien utilise un laser femtoseconde, le même que pour corriger la myopie, pour creuser un minuscule tunnel circulaire dans la cornée, la fine couche transparente de l’œil. Il y injecte un pigment minéral, sous simple anesthésie locale par collyre. La couleur se diffuse comme une goutte d’encre dans l’eau. Vingt-quatre heures plus tard, c’est cicatrisé.

**À l’origine, cette technique servait à corriger des yeux abîmés ou malades. Son usage purement esthétique date d’une dizaine d’années. Et là, cocorico : c’est la France qui est pionnière. L’ophtalmologue Francis Ferrari, à la tête de la clinique New Eyes Paris, revendique la paternité de la version cosmétique et a réalisé la première opération de ce type en 2013. Plus de 2 500 patients seraient depuis passés sur sa table. Comptez de 5 500 à 7 000 euros pour les deux yeux. Le business prospère : une demi-douzaine de cliniques se font désormais concurrence rien qu’à Paris, et un congrès international a même vu le jour.

Instagram vend l’œil comme un accessoire de mode

Si cette chirurgie sort des cabinets, c’est grâce aux réseaux sociaux. Les cliniques documentent chaque transformation avec des photos avant/après qui cumulent des millions de vues sur Instagram et TikTok. On contacte parfois son chirurgien directement par messagerie, comme on commanderait une paire de baskets.

Le mécanisme n’est pas nouveau. C’est le même que celui qui a popularisé les lèvres gonflées à l’acide hyaluronique : une opération devient un contenu, le contenu devient une tendance, la tendance fabrique de nouveaux clients. En France, les 18-34 ans ont désormais plus recours à la médecine esthétique que les quinquas. L’œil n’est plus un organe, c’est devenu un accessoire de mode.

Sauf que derrière le filtre, il y a un bistouri planté dans l’organe le plus sensible du corps. L’Académie nationale de médecine a publié une mise en garde sans détour : sécheresse oculaire, éblouissement permanent, perte de transparence de la cornée, et dans les cas graves, la cécité. Des ophtalmologues rapportent déjà des patients ayant perdu la vue.

Le tout sur un public souvent jeune. Et comme à chaque tendance, des cliniques low cost à l’étranger bradent l’opération. Moins cher, promis. Mais aucun suivi le jour où ça tourne mal. Or un œil, ça ne se rembourse pas.

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