Israël : Netanyahu dit vouloir former un « vaste gouvernement national » s’il remporte les prochaines élections.
A 76 ans, Benjamin Netanyahu avait annoncé mi-juin qu’il comptait se présenter au scrutin, prévu au plus tard pour le 27 octobre
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a fait part samedi de son intention de former une vaste coalition s’il remportait les prochaines élections législatives, en se distançant explicitement à la fois de l’extrême droite et de la gauche.
A 76 ans, Benjamin Netanyahu, qui a gouverné le pays plus longtemps qu’aucun autre Premier ministre (plus de 18 années cumulées depuis 1996), avait annoncé mi-juin qu’il comptait se présenter au scrutin, prévu au plus tard pour le 27 octobre.
« J’ai l’intention de mettre en place un large gouvernement national, ni un gouvernement de droite, ni un gouvernement de gauche dépendant des partis arabes », a-t-il déclaré lors d’un point de presse télévisé, signalant un changement significatif dans sa stratégie post-électorale. « C’est seulement de cette manière […] que nous pouvons parvenir à des accords internes », a-t-il ajouté, affirmant ne « boycotter personne ».
« Tout le monde pourra nous rejoindre ; il suffit qu’ils acceptent nos principes fondamentaux, à savoir qu’Israël est l’État-nation du peuple juif et que nous respectons les droits individuels. »
Ni gauche ni droite, extrême-droite
A la tête d’un des gouvernements les plus à droite de l’histoire d’Israël, Benjamin Netanyahu est en mauvaise posture dans les derniers sondages. Une majorité d’Israéliens souhaitent qu’il quitte ses fonctions, sous l’effet notamment de l’accord irano-américain pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, très critiqué dans le pays. Selon un récent sondage de l’Université hébraïque de Jérusalem, plus de 92 % des Israéliens jugent que l’Iran a remporté la guerre.
La colère de l’opinion reste également vive face aux défaillances sécuritaires ayant permis l’attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza.
Débats tendus
La coalition gouvernementale est également secouée par la question de la conscription de juifs ultra-orthodoxes, dont des représentants, alliés clés de Benjamin Netanyahu, ont à plusieurs reprises menacé de faire tomber le gouvernement si leurs électeurs n’étaient pas exemptés du service militaire. L’armée et une grande partie de la population exigent le contraire, au vu des multiples guerres menées par le pays qui ont mis ses forces armées à rude épreuve.
Selon Benjalin Netanyahu, un « gouvernement national » permettrait à Israël de mener à bien ses ambitions régionales pour « faire ce que j’ai promis : changer le visage du Moyen-Orient ». « Après avoir supprimé la menace existentielle iranienne », il pourra « s’occuper des derniers restes de l’axe iranien et récolter les fruits de notre victoire par des accords politiques », a-t-il affirmé.
Sa proposition a toutefois immédiatement suscité une levée de boucliers au sein même de son camp. Son ministre de la Sécurité nationale, figure de l’extrême droite, Itamar Ben Gvir, a jugé ses propos « très inquiétants ». « Le gouvernement que le Premier ministre doit former doit être un gouvernement entièrement de droite », a-t-il asséné.
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