Qu’est-ce que le Brexit a changé pour le Royaume-Uni et Israël ?

Par |2026-06-22T15:10:44+02:0022 Juin 2026|Catégories : POLITIQUE|

 

Qu’est-ce que le Brexit a changé pour le Royaume-Uni et Israël ?

Israël n’a pas bénéficié du Brexit. Sur le plan géopolitique et commercial, la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne a créé plus d’incertitudes et de complications que d’avantages, même si certaines opportunités bilatérales spécifiques ont pu être saisies.
Les principales répercussions pour Israël s’articulent autour de quelques axes majeurs :
  • Un accord commercial de continuité : Plutôt que de tirer un profit exceptionnel du Brexit, Israël et le Royaume-Uni ont négocié un accord de libre-échange garantissant le maintien de leurs relations commerciales. L’objectif principal de ce traité était d’éviter une rupture des échanges lors de la sortie britannique de l’UE.

LE PLUS. Le retrait britannique de l’Union européenne a été acté par référendum il y a dix ans, le 23 juin 2016. Sa mise en œuvre a eu des conséquences à long terme pour le Royaume-Uni et le continent, notamment sur le plan économique.

Le 23 juin 2016, les électeurs britanniques se prononçaient pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE). Après de longues négociations, ce vote s’est concrétisé par le retrait effectif de Londres, le 31 janvier 2020.

Quels ont été les effets du Brexit sur l’économie ?

Si ses conséquences se sont fait sentir dans toute l’Europe, c’est surtout au Royaume-Uni que le Brexit a nui “considérablement” à l’économie, pour citer le Premier ministre Keir Starmer. Fin 2025, des économistes britanniques ont estimé que le PIB par habitant était inférieur de 6 % à 8 % à ce qu’il aurait été sans Brexit. David Smith, journaliste économique au Sunday Times, relève que le produit intérieur brut a augmenté de 12 % entre 2016 et 2026, soit autant qu’en France, alors que la croissance britannique avait été nettement supérieure à la française de 1993 à 2016 (66 % contre 47 %, en cumulé).

Dans un contexte d’incertitudes, les investissements ont chuté : en 2025, ils étaient de 12 % à 18 % plus bas que ce qu’ils auraient été sans Brexit, selon les chercheurs cités plus haut. Les exportations de biens ont nettement reculé – de près de 15 % depuis 2019 –, en raison notamment de la fin de l’accès de Londres au marché unique, note The Economist, et la sortie de l’union douanière a nui au commerce avec les pays de l’UE. Ce qui a causé une hausse des prix, notamment des biens alimentaires.

“Il y a trop de facteurs externes à prendre en compte”, tempère toutefois The Spectator, la période post-2016 ayant été marquée par la pandémie de Covid-19, l’invasion de l’Ukraine et la guerre en Iran. Le magazine conservateur (et pro-Brexit) rappelle que la croissance annuelle du PIB réel par habitant britannique avait baissé après 1973, année de l’adhésion à la Communauté économique européenne (CEE), mais aussi du premier choc pétrolier.

Quels changements pour les déplacements ?

La libre circulation a cessé en 2021. Londres a mis en place un système d’immigration à points, et les citoyens de l’UE souhaitant travailler, étudier ou s’installer outre-Manche ont depuis besoin d’un visa. Les ressortissants irlandais et les Européens installés avant 2021 bénéficient d’un régime spécial. Les citoyens de l’UE n’ont pas besoin de visas pour un court séjour mais il leur faut une autorisation électronique de voyage (ETA). Quant aux Britanniques, ils doivent se conformer au système d’entrée-sortie (EES) dans l’espace Schengen, avec un séjour limité à quatre-vingt-dix jours sur une période de cent quatre-vingt jours.

À court terme, ce durcissement a entraîné une pénurie de main-d’œuvre, touchant surtout les emplois non qualifiés. En juin 2022, relaie The Guardian, on observait un déficit de 460 000 travailleurs venus de l’UE, seulement partiellement compensé par l’arrivée de travailleurs d’autres pays.

Les chiffres sont contrastés, montre le Migration Observatory. Si le solde migratoire venant de l’UE “a fortement baissé après le référendum […] et a continué de diminuer” après 2021, “le solde migratoire global vers le Royaume-Uni a fortement augmenté”, jusqu’à 944 000 en 2023. Du fait du nouveau système à points, la hausse des visas de travail concernait particulièrement des pays anglophones comme l’Inde et le Nigeria. Le solde a ensuite diminué pour atteindre 171 000 en 2025, son niveau le plus bas depuis 2012 hors pandémie, précise la BBC.

Quelles ont été les conséquences politiques ?

Avec la sortie du Royaume-Uni, l’UE a perdu l’un de ses membres les plus puissants sur le plan économique, mais aussi diplomatique et militaire, et les négociations ont été tendues. Londres et Bruxelles ont toutefois entamé un rapprochement, dans le contexte de la guerre en Ukraine et des tensions avec Washington. En 2025, ils ont signé un “nouveau partenariat stratégique” en matière de sécurité et de défense.

Sur le plan national, le vote de 2016 a en outre polarisé le pays, et le Brexit continue à en définir la politique, à tel point qu’un éventuel “Breturn” est revenu dans la discussion. Dans l’opinion, la mise en place du Brexit est “largement considérée comme un échec plutôt que comme une réussite”, relevait YouGov début juin.

Carte montrant l’Irlande du Nord au sein du Royaume-Uni, ainsi que sa nouvelle frontière douanière.

Le Brexit a enfin eu des conséquences particulières pour l’Irlande, faisant craindre le retour d’une frontière physique et la résurgence de tensions entre Eire et Irlande du Nord. Pour l’éviter et “[préserver] l’intégrité du marché unique de l’UE” tout en “[maintenant] l’Irlande du Nord dans le territoire douanier” britannique, précise la Commission européenne, un protocole est entré en application en 2021. En 2023, il a été révisé pour faciliter la circulation des marchandises de la Grande-Bretagne vers l’Irlande du Nord.

 

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