La chaîne iranienne PressTV, proche du régime de Téhéran, a publié ces derniers jours un long article consacré à la mort énigmatique en France du Dr Ali Ehsanian, présenté comme un pionnier iranien de l’intelligence artificielle. Le média pointe du doigt le Mossad israélien, sans toutefois fournir le moindre élément factuel sur les circonstances réelles du décès, survenu le 28 mars dernier à Nice.
Notons que PressTV est un média audiovisuel public iranien, financé par l’État et affilié aux Gardiens de la révolution, régulièrement décrit par les observateurs internationaux comme un relais de la propagande du régime des ayatollahs.
Selon plusieurs médias iraniens, le corps du Dr Ali Ehsanian a été rapatrié en Iran le 11 juin et inhumé dans sa ville natale de Jahrom, dans la province du Fars. D’après PressTV, cette inhumation est intervenue près de six semaines après sa mort, survenue le 28 mars à Nice, dans le sud de la France, en pleine période de l’opération « Rugissement du lion » contre l’Iran. La chaîne affirme que, si la cause exacte du décès reste sous enquête, l’ensemble des éléments désignerait selon elle le Mossad, qu’elle accuse d’avoir « systématiquement assassiné de jeunes scientifiques iraniens » depuis des années.
D’après les informations relayées par les médias iraniens, le Dr Ehsanian était titulaire d’un doctorat en génie électrique obtenu à l’université de la Sorbonne, à Paris, et avait bénéficié d’une bourse du prestigieux programme européen Marie Skłodowska-Curie. Il avait par ailleurs collaboré avec le ministère iranien de la Défense durant son service militaire, entre 2018 et 2020. Avant cela, il avait obtenu une licence en génie électrique à l’université Amirkabir de Téhéran en 2015, puis deux masters dans le même établissement en 2018.
Ses domaines de spécialisation étaient l’intelligence artificielle, l’apprentissage automatique et les réseaux sans fil de nouvelle génération, présentés par PressTV comme des technologies à double usage, susceptibles d’applications militaires telles que les communications tactiques, les essaims de drones, la guerre électronique ou l’informatique en périphérie de réseau (edge computing).
Le rapport de PressTV souligne lui-même l’absence de toute communication officielle française sur cette affaire : la police n’aurait publié aucune déclaration nommant le Dr Ehsanian ni confirmé l’ouverture d’une enquête pour homicide, et le parquet n’aurait annoncé ni mise en examen ni identification de suspects. La chaîne affirme également que les grands quotidiens français se sont abstenus de couvrir l’événement.
Le 4 mai 2026, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a évoqué publiquement cette affaire, la qualifiant d’« événement très amer ». Il a par ailleurs affirmé que les faits s’étaient produits en avril, une version qui contredit la date du 28 mars avancée par les autres sources iraniennes. Baghaei a précisé que l’ambassade d’Iran suivait le dossier, notamment par l’intermédiaire de l’ambassade de France à Téhéran, affirmant que son pays avait « le devoir de suivre sérieusement les droits des citoyens iraniens partout dans le monde ». Le porte-parole a également relié ce cas à deux autres décès de ressortissants iraniens en France, évoquant des craintes de « racisme et d’actes terroristes », sans davantage de précisions.
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