En Israël, Tsahal observe avec un intérêt soutenu l’expérience Ukrainienne en matière de guerre. En avril 2026, l’Ukraine a réussi une prouesse remarquable. Pour la première fois, des drones et robots terrestres ukrainiens ont capturé une position ennemie, sans la moindre intervention de l’infanterie. Cette nouvelle façon de faire la guerre s’observe aussi dans les chiffres. Au cours du premier trimestre 2026, les drones terrestres ukrainiens ont effectué plus de 22.000 missions sur la ligne de front.

UKRAINE. Pourquoi une telle utilisation des drones terrestres? Pour répondre à la prolifération des drones aériens, désormais omniprésents dans ce conflit, qui créent d’immenses «zones de mort», s’étendant parfois sur plusieurs dizaines de kilomètres de part et d’autre du front. Ces zones sont saturées de capteurs et d’appareils de surveillance. S’y déplacer est extrêmement risqué pour les soldats. Les robots terrestres apparaissent alors comme une solution miracle.

L’intérêt est d’autant plus stratégique que les pertes humaines représentent un coût considérable pour l’État, rappelle le média russe d’investigation The Insider. L’indemnisation versée à la famille d’un soldat tué dépasse largement le prix d’un robot terrestre, sans parler du coût psychologique des morts et de la main-d’œuvre militaire limitée.

Pour encourager l’utilisation des drones terrestres, le gouvernement a lancé, en 2025, un système de points numériques dans lequel les destructions de cibles ennemies et les opérations logistiques réalisées à l’aide de robots terrestres sont récompensées. Ces points peuvent ensuite être échangés par les unités contre de nouveaux équipements. La guerre se joue désormais en mode jeu vidéo.

Colonne vertébrale du front

Cette utilisation des drones terrestres va de pair avec un écosystème industriel ukrainien en plein boom. Plus de 280 entreprises travaillent aujourd’hui sur des solutions robotiques destinées aux forces armées dans le pays, alors que le secteur était quasi inexistant avant l’invasion russe. L’objectif affiché est d’automatiser totalement la logistique de première ligne et de remplacer jusqu’à 30% des effectifs humains dans les secteurs les plus dangereux du front d’ici la fin de cette année.

Que font concrètement les drones terrestres sur le front? Principalement de la logistique: transport de munitions et ravitaillement en eau ou en carburant. Un robot comme Termit est par exemple capable de transporter jusqu’à 200 kilogrammes d’équipement, de quoi ravitailler des troupes et éviter des rotations devenues très risquées. D’autres servent encore à la guerre électronique, au déminage ou à l’évacuation des civils.

En novembre 2025, une unité médicale ukrainienne a même réussi l’exploit d’extraire un soldat gravement blessé après plus d’un mois passé dans une zone contrôlée par les forces russes. Le tout grâce au robot MAUL, équipé d’une capsule blindée, qui a parcouru 64 kilomètres sous le feu ennemi. Malgré l’explosion d’une mine antipersonnel et plusieurs attaques de drones, il a réussi à ramener le blessé en sécurité.

Certains robots terrestres commencent aussi à jouer un rôle offensif. Équipés de mitrailleuses lourdes, ils tiennent des positions pendant des semaines, détruisent des véhicules blindés, font des missions de surveillance et forcent même la reddition de soldats russes. L’exemple le plus parlant date de 2025, lorsque des robots explosifs ont attaqué une position fortifiée.

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