Eurovision : Pedro Sánchez avait assumé le boycott espagnol lié à Israël et avait revendiqué être « du bon côté de l’histoire ». Emmanuel Macron n’a jamais voulu, sur ce dossier de l’Eurovision en particulier, être du « mauvais côté de l’histoire ».
La France a adopté une position diamétralement opposée à celle de l’Espagne. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot s’est félicité que « l’Eurovision n’ait pas cédé aux pressions », précisant que Paris avait « contribué à empêcher un boycott d’Israël ». Cette année, c’est d’ailleurs un franco-israélien de 27 ans né en Israël de parents immigrés de France, qui représente l’État hébreu avec la chanson « Michelle », dont le refrain est en français. « La moitié de mon cœur est française et l’autre moitié israélienne », avait expliqué Noam Bettan. « Représenter Israël dans cette compétition est un immense honneur. Sentir le soutien du pays me donne beaucoup de force pour partager mon message, mon amour, ma lumière », confiait-il. Israël a été classé hier soir en deuxième position lors de la finale du concours.-
- Le règlement de l’UER : L’Eurovision est un concours de radiodiffuseurs et non d’États. L’UER a validé la participation d’Israël, estimant que le pays remplit les conditions requises et n’enfreint pas les règles de l’organisation.
- La position diplomatique française : La France défend la participation d’Israël dans les instances internationales et culturelles, considérant que le pays a sa place au sein de la communauté des nations.
- L’indépendance de l’audiovisuel : Le choix de participer ou non revient aux diffuseurs publics. Contrairement à d’autres pays comme l’Espagne ou l’Irlande, la France n’a pas souhaité politiser sa participation en se retirant.
Pedro Sánchez a choisi de transformer l’absence de l’Espagne en geste politique. Dans un message vidéo publié sur X, le Premier ministre espagnol a défendu le boycott du concours par son pays en raison de la guerre menée par Israël à Gaza, affirmant que cette décision plaçait Madrid « du bon côté de l’histoire ».
Le chef du gouvernement espagnol a présenté ce retrait comme un choix de « cohérence morale et diplomatique ». Selon lui, l’engagement de l’Espagne en faveur des droits humains et du droit international ne peut pas s’arrêter aux enceintes politiques : il doit aussi s’exprimer dans le domaine culturel. « Face à la guerre illégale et aussi au génocide, le silence n’est pas une option », a-t-il déclaré.
Pedro Sánchez a également établi un parallèle avec l’exclusion de la Russie après l’invasion de l’Ukraine. À ses yeux, les principes appliqués à Moscou doivent l’être également lorsqu’il s’agit d’Israël. « Il ne peut pas y avoir de doubles standards », a-t-il insisté, accusant implicitement l’Europe de traiter différemment deux conflits pourtant, selon lui, soumis aux mêmes exigences de droit international.
Le Premier ministre a rappelé que l’Eurovision avait été créé pour promouvoir la paix, rapprocher les peuples et célébrer la diversité européenne. Mais il estime que la participation à un tel événement devient impossible lorsque, selon ses termes, la situation à Gaza et au Liban continue de se détériorer. « Nous ne pouvons pas rester indifférents à ce qui continue d’arriver à Gaza et au Liban », a-t-il affirmé.
L’Espagne ne sera pas seule à boycotter cette édition. Pedro Sánchez a cité l’Irlande, l’Islande et les Pays-Bas parmi les pays absents, ainsi que de nombreux fans européens qui se seraient détournés du concours. « Cette année sera donc différente. Nous ne serons pas à Vienne, mais nous assumons ce choix avec la conviction d’être du bon côté de l’histoire », a conclu le dirigeant socialiste.
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