Quoi de plus jouissif qu’une belle journée de printemps dans la verdoyante campagne française à s’enivrer des sons et des senteurs du renouveau ? Qui ne voudrait pas laisser là son labeur pour aller s’ébrouer au soleil ? D’autant que l’État encourage cette vague d’allégresse en distribuant une flopée de jours de congé au mois de mai. Avec un peu d’habileté, en ajoutant un congé avant, entre ou après les quatre jours fériés et les cinq week-ends de mai – et avec la bénédiction d’un employeur qui a le bon sens de tomber le rideau pendant quelques jours –, il est possible de passer l’essentiel du mois dans une délicieuse oisiveté. Pas étonnant que les Britanniques jettent des regards envieux de l’autre côté de la Manche et récriminent contre l’indolence tricolore. Ou que les économistes à Paris adressent de sinistres avertissements à une France qui vivrait au-dessus de ses moyens. Pour ceux qui estiment que la France se laisse aller – surtout quand on sait que la quasi-totalité du mois d’août est elle aussi traditionnellement consacrée au nonchaloir –, il est toujours gênant de constater que les Français affichent néanmoins une productivité plus élevée que les Britanniques.e
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