«Rebond de soulagement» sur les marchés après la trêve entre l’Iran et les États-Unis.
Le principal facteur en cause: l’espoir d’une reprise progressive de la navigation par le détroit d’Ormuz.
Chute du pétrole, rebond des Bourses, détente sur les taux : les marchés saluent mercredi à l’unisson l’annonce d’une trêve de deux semaines entre les États-Unis et l’Iran en l’échange d’une réouverture du détroit d’Ormuz.
« Les marchés mondiaux se sont éloignés du précipice », résume Fawad Razaqzada, analyste de marché pour Forex.com.
« Le cessez-le-feu qui vient d’être annoncé est nettement favorable aux marchés, car il réduit directement le risque d’un choc d’inflation et de croissance alimenté par le pétrole », résume Stephen Dover, directeur du Franklin Templeton Institute, du gestionnaire d’actifs du même nom.
« La grande question est désormais de savoir s’il s’agit simplement d’un rebond technique ou du début d’un mouvement plus durable », ajoute M. Razaqzada, partageant les réserves de nombreux analystes.
Le pétrole chute de plus belle.
Principal canal de transmission des risques d’inflation à l’économie, le prix du pétrole a fortement reculé avec la perspective de la réouverture du détroit d’Ormuz, par où transite 20 % de la production mondiale.
Le Brent de la mer du Nord dévissait de 15,95 % à 91,84 dollars le baril vers 13 h 45 GMT (9 h 45 au Québec), et le WTI américain plongeait de 17,18 % à 93,55 dollars le baril. À ce rythme, les deux références mondiales se dirigent vers leur plus forte chute en une séance depuis l’éclatement de la crise de la COVID-19 début 2020.
« La chute massive du prix du pétrole montre que les investisseurs sont prêts à parier sur la réouverture du détroit d’Ormuz », souligne Kathleen Brooks, directrice de recherche à XTB.
« Les perturbations physiques et logistiques ne disparaîtront pas du jour au lendemain », tempère Ray Sharma-Ong d’Aberdeen Investments, qui mentionne également « des coûts de transport plus élevés, des primes d’assurance liées au risque de guerre, des retards, des congestions […] ».
Par ailleurs, « à mesure que les détails du cessez-le-feu sont analysés », plusieurs éléments pourraient calmer l’enthousiasme des marchés, comme « des indications que les assureurs et armateurs considèrent toujours le transit dans le Golfe comme dangereux », explique Janiv Shah, en charge des marchés des matières premières chez Rystad Energy.
À noter que les prix du brut restent toujours nettement supérieurs à ceux d’avant-guerre en Iran, le Brent s’affichant à 72 dollars fin février, et le WTI à 67 $US le baril. Depuis le début de l’année, le prix du Brent reste en hausse de 50 % et celui du WTI de 62 %.
Les Bourses mondiales ravies
L’annonce du cessez-le-feu a provoqué « un retour rapide de l’appétit pour le risque » sur les marchés, souligne Antoine Andreani, directeur de recherches à XTB France.
« Comme prévu, l’accord de cessez-le-feu a entraîné un changement notable de ton sur les marchés », note M. Razaqzada.
La Bourse de New York a ouvert en forte hausse. Dans les premiers échanges, le Dow Jones gagnait 2,72 %, l’indice Nasdaq progressait de 2,88 % et l’indice élargi S&P 500 grimpait de 2,25 %.
En Europe, à la mi-journée, les places européennes s’emballaient de plus belle, le CAC 40 de la Bourse de Paris s’envolant de 4,76 % et Francfort de 4,99 %, quand Madrid grimpait de 4,21 %, Milan de 3,84 % et Londres de 2,73 %.
« On est typiquement dans un phénomène de FOMO [l’acronyme anglais pour la peur de passer à côté de la bonne affaire] : les investisseurs reviennent rapidement à l’achat pour ne pas rater le mouvement », souligne Antoine Andreani.
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