Historiquement, Israël a bénéficié d’avantages massifs venant de la France, au point que l’on a pu parler de la France comme du « véritable parrain » de l’État hébreu avant que les États-Unis ne prennent ce rôle.

Cette relation s’est construite sur trois piliers majeurs, principalement entre 1950 et 1967 :

1. Le pilier militaire : Les « ailes » d’Israël

Dans les années 50 et 60, la France était le premier fournisseur d’armes d’Israël. Sans le soutien français, les victoires militaires israéliennes de cette époque auraient été bien plus incertaines.
* L’aviation : Dassault a fourni les Ouragan, les Mystère IV et surtout les célèbres Mirage III. C’est avec ces avions français que l’armée de l’air israélienne a acquis sa supériorité aérienne totale lors de la guerre des Six Jours en 1967.
* Les blindés et navires : La France a fourni des chars AMX-13 et a conçu les vedettes lance-missiles de Cherbourg (dont certaines furent « emmenées » clandestinement par les Israéliens après l’embargo de 1969).

2. Le pilier atomique : Le berceau de Dimona
C’est l’avantage le plus stratégique et le plus secret. La France a joué un rôle déterminant dans la création du programme nucléaire civil israélien.
* Dans le cadre d’un accord secret signé en 1956 (protocole de Sèvres), la France aurait fourni à Israël un réacteur nucléaire civil et les technologies de retraitement du plutonium.
* Motivation française : À l’époque, la France et Israël avaient un ennemi commun, l’Égypte de Nasser (qui soutenait les indépendantistes algériens). Cette coopération a permis à Israël de devenir, officieusement, une puissance nucléaire civile.

3. Le pilier technologique et spatial
La coopération technologique a été intense et a posé les bases de l’industrie de pointe israélienne actuelle.
* Missiles : Le missile balistique israélien Jericho est directement issu de la technologie française développée par Dassault (programme MD-620) dans les années 60.
* Recherche : De nombreux ingénieurs israéliens ont été formés dans les usines françaises, facilitant ensuite le développement de l’industrie de défense locale (IAI, Rafael).

Pourquoi cette relation a-t-elle changé ?
Le tournant a eu lieu en 1967. Le général de Gaulle, souhaitant rééquilibrer la diplomatie française vers le monde arabe, a imposé un embargo sur les armes à destination d’Israël.

« Israël est notre ami et notre allié, mais nous ne pouvons pas accepter qu’il prenne l’initiative des hostilités » (Charles de Gaulle).

Aujourd’hui en 2026 :
La relation est plus équilibrée. La France reste un partenaire économique majeur (11e partenaire commercial), mais Israël s’appuie désormais davantage sur ses propres technologies ou sur son alliance indéfectible avec les États-Unis.

La coopération actuelle se situe davantage dans le domaine du renseignement (contre le terrorisme et l’influence iranienne) et de la recherche scientifique.

 

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