La question de la prostitution en période de guerre est un sujet complexe et sombre, touchant à la fois à la précarité économique et à l’exploitation humaine.
En Israël, comme dans beaucoup de zones de conflit, la guerre amorcée en octobre 2023 et les tensions majeures de 2025-2026 n’ont pas fait « prospérer » ce secteur de manière positive, mais ont accentué des dynamiques de vulnérabilité extrême.
Voici l’analyse de la situation actuelle :
1. Une précarité économique qui pousse à l’entrée dans le secteur.
Le terme « bénéficier » est inadéquat car, pour les personnes concernées, il s’agit d’une stratégie de survie.
* L’effondrement des revenus : Avec la crise économique liée à la guerre (secteurs du tourisme et des services à l’arrêt), de nombreuses personnes précaires, notamment des mères isolées ou des réfugiés, se retrouvent sans ressources. Les associations de terrain signalent une augmentation du nombre de personnes entrant dans la prostitution pour payer leur loyer ou nourrir leur famille.
* Le cas des réfugiés : Israël accueille des populations déplacées (internes ou externes). Ces populations, déracinées et souvent sans permis de travail valide ou réseau de soutien, sont des cibles privilégiées pour les réseaux de proxénétisme.
2. Le traumatisme et la perte de repères
La guerre crée un climat de stress post-traumatique (TSPT) généralisé.
* Demande accrue : Historiquement, les périodes de guerre voient souvent une augmentation de la consommation de services sexuels de la part de populations cherchant un exutoire au stress de combat ou à l’angoisse de mort.
* Aggravation des addictions : La consommation de drogues et d’alcool augmente souvent en temps de guerre, ce qui est intrinsèquement lié aux réseaux de prostitution de rue, créant un cercle vicieux de dépendance et d’exploitation.
3. L’affaiblissement de la surveillance et de l’aide sociale
* Redéploiement des ressources : Les forces de police et les budgets de l’État sont massivement réorientés vers la sécurité nationale et l’effort de guerre contre l’Iran. Par conséquent, la lutte contre la traite des êtres humains et le démantèlement des lieux de prostitution passent au second plan.
* Saturations des services sociaux : Les travailleurs sociaux sont débordés par la gestion des déplacés et des familles de victimes, laissant moins de temps et de moyens pour les programmes de sortie de la prostitution (loi de 2020 sur l’abolition de l’achat d’actes sexuels).
4. La loi de 2020 à l’épreuve de la guerre
Israël a adopté en 2020 une loi criminalisant les clients de la prostitution (modèle abolitionniste).
* Clandestinité accrue : La guerre a poussé une grande partie de l’activité vers des plateformes numériques et des appartements discrets, rendant les personnes encore plus isolées et vulnérables aux violences, les clients se sachant moins surveillés par une police occupée ailleurs.
* Baisse des financements de réinsertion : En 2025 et 2026, les coupes budgétaires pour financer la défense ont touché certains programmes de réhabilitation, rendant la sortie du milieu encore plus difficile pour celles et ceux qui le souhaitent.
En résumé
Si le « chiffre d’affaires » global de certains réseaux peut augmenter en raison de la détresse humaine, on ne peut pas parler de bénéfice. La guerre a surtout accentué la violence du milieu et réduit les filets de sécurité pour les personnes exploitées. Le passage de la « rue » à la « clandestinité numérique » est la tendance majeure de cette période de conflit.

Note : La prostitution reste illégale en Israël (achat d’acte sexuel) et les autorités, bien qu’occupées par le front, continuent de mener des opérations ponctuelles contre les réseaux de traite internationale qui tentent de profiter du chaos régional.

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