« On mène des guerres » : Donald Trump veut 1 500 milliards de dollars pour l’armée américaine en 2027.

Le président américain réclame un effort budgétaire qui correspond à une hausse de plus de 40% du budget de défense américain. La requête a été transmise au Congrès.

Le président américain, Donald Trump, le 31 mars 2026. (BRENDAN SMIALOWSKI / AFP)

Donald Trump le répète à l’envi : l’armée des États-Unis est la plus puissante au monde. Il estime que son premier mandat a beaucoup contribué à ce succès et c’est pourquoi, selon lui, les Américains sont aussi impériaux dans leur guerre contre l’Iran. Donc pas question de relâcher cet effort. Il entend investir massivement dans l’armée américaine. La Maison Blanche présente donc au Congrès une enveloppe de 1 500 milliards de dollars pour financer la défense du pays l’an prochain, un montant assez proche de l’ensemble de toutes les dépenses publiques françaises chaque année et 20 fois supérieur au budget français de la Défense. Et c’est aussi une hausse de 42% environ par rapport au budget de la défense américaine de cette année.

Tout n’est pas détaillé mais l’administration Trump entend moderniser l’armée américaine. Elle veut aussi reconstituer les stocks de munitions alors que la guerre contre l’Iran est en cours. Point important : ces 1 500 milliards n’ont rien à voir avec les 200 milliards de rallonge budgétaire qui devraient être présentés prochainement au Congrès pour soutenir l’effort de guerre du moment. Et évidemment, tout est une question de choix car les États-Unis sont considérablement endettés. L’administration Trump est prête à creuser le déficit mais elle veut aussi montrer qu’elle fait des efforts. Beaucoup de projets, de programmes subiront donc des coupes claires pour financer la défense.

« On ne peut pas s’occuper des gardes d’enfants ».

Donald Trump a exposé son projet très clairement cette semaine lors d’un déjeuner de Pâques à la Maison Blanche, mercredi 1er avril. « On mène des guerres. On ne peut pas s’occuper des gardes d’enfants, a-t-il déclaré. On doit laisser les États s’en charger et payer pour ça en augmentant leurs impôts. Ce n’est pas possible pour nous de nous occuper des gardes d’enfants. Medicaid, Medicare… Ces choses individuelles doivent se faire au niveau des États, pas au niveau fédéral. » Medicaid et Medicare sont des programmes d’assurance santé, le premier pour les plus démunis, le second destiné aux séniors et aux personnes handicapées. Le message est donc clair : priorité à la défense, à la sécurité nationale, la protection sociale passe au second plan.

Le projet budgétaire présenté vendredi s’inscrit dans cette logique : -10% pour les dépenses non militaires, 73 milliards d’économies sont prévues dans la santé, le social, le logement, l’éducation ou encore la lutte contre le changement climatique. Tout ce qui a trait aux questions de genre ou aux discriminations raciales ou sexuelles est aussi remis en question. En revanche, la protection des frontières, les opérations d’expulsion des clandestins seront mieux financées. Autre exemple emblématique : 152 millions de dollars sont demandés pour rénover et rouvrir la célèbre prison d’Alcatraz, dans la baie de San Francisco, qui doit redevenir un centre de sécurité maximale.

Mais il faudra franchir l’obstacle du Congrès. Et ce n’est que le début de la bataille législative : les démocrates sont déjà vent debout contre ce projet budgétaire. Ils jugent ces dépenses militaires excessives au moment où les Américains s’inquiètent de leur pouvoir d’achat. Les débats vont démarrer en pleine campagne pour les élections de mi-mandat en novembre prochain. Même si les élus républicains sont dans l’ensemble aux ordres de la Maison Blanche, ils pourraient contester des coupes budgétaires qui affectent leurs États et peuvent être sensibles aux préoccupations des électeurs sur le coût de la vie. Ce budget militaire colossal n’est donc pas encore voté.

 

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