Guerre en Iran: la démission du haut responsable de l’antiterrorisme américain est une « bonne chose », affirme Donald Trump
Joseph Kent, un haut responsable américain de la lutte contre le terrorisme, a annoncé ce mardi 17 mars sa démission pour protester contre la guerre menée contre l’Iran. Il a déclaré que la République islamique « ne représentait aucune menace imminente » pour les États-Unis.
Joseph Kent comparaît devant la commission sénatoriale du renseignement, dans le cadre de l’audition relative à sa nomination au poste de directeur du NCTC, au Capitole, le 9 avril 2025, à Washington. AP/ Rod Lamkey, Jr.
Joseph Kent, ancien soldat des forces spéciales, est le premier haut responsable à démissionner de l’administration de Donald Trump pour marquer son désaccord avec le conflit israélo-américain mené contre l’Iran. « Je ne peux, en toute conscience, soutenir la guerre qui se déroule actuellement en Iran« , a déclaré le directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme, dans sa lettre de démission adressée au président Donald Trump et qu’il a partagée sur X.
« L’Iran ne représentait aucune menace imminente pour notre nation, et il est clair que nous avons déclenché cette guerre sous la pression d’Israël et de son puissant lobby américain« , poursuit-il. Donald Trump a réagi mardi 17 mars à cette démission en déclarant à la presse depuis le Bureau ovale que Joseph Kent était « très faible en matière de sécurité » et que sa démission était « une bonne chose« .
Une idée « insultante et risible »
La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a pour sa part réfuté ce qu’elle qualifie de « fausses allégations« , qualifiant d' »insultante et risible » l’idée selon laquelle la décision d’entrer en guerre aurait été prise « sous l’influence d’autres personnes« . « Comme le président Trump l’a clairement et explicitement déclaré, il disposait de preuves solides et irréfutables indiquant que l’Iran s’apprêtait à attaquer les Etats-Unis en premier« , a t-elle ajouté.
Joseph Kent avait été nommé par Donald Trump à la tête de ce centre chargé d’analyser et de coordonner la réponse américaine aux menaces terroristes. À ce titre, il occupait le poste de conseiller principal du président en matière de contre-terrorisme. Il s’était rapproché de Donald Trump à la suite du décès de sa première épouse, Shannon Kent, tuée en 2019 lors d’un attentat-suicide en Syrie alors qu’elle servait comme cryptologue dans la Marine.
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Joseph Kent s’était ensuite présenté à deux reprises, sans succès (en 2022 et 2024), en tant que candidat républicain soutenu par Donald Trump pour un siège à la Chambre des représentants dans l’État de Washington.
Accusations portées contre « de hauts responsables israéliens »
Cette rupture avec la ligne de l’administration de Donald Trump concernant la guerre, venant d’un proche du président, n’est pas passée inaperçue auprès des démocrates. « Sur ce point, il (Joseph Kent) a raison, il n’y avait aucune preuve crédible d’une menace imminente de la part de l’Iran qui justifiait de précipiter les États-Unis dans une nouvelle guerre au Moyen-Orient« , a déclaré le sénateur Mark Warner, principal membre démocrate de la commission du renseignement au Sénat.
Dans sa lettre, Joseph Kent accuse « de hauts responsables israéliens et des membres influents des médias américains » d’avoir mené une « campagne de désinformation » ayant alimenté un « climat belliciste favorable à une guerre« . « Cette chambre d’écho a été utilisée pour vous tromper en vous faisant croire que l’Iran représentait une menace imminente pour les États-Unis, et que si vous frappiez maintenant, la voie vers une victoire rapide était toute tracée« , poursuit-il.
« C’était un mensonge et c’est la même tactique que les Israéliens ont utilisée pour nous entraîner dans la désastreuse guerre en Irak qui a coûté à notre nation la vie de milliers de nos meilleurs hommes et femmes« , estime encore Joseph Kent.
Fin février, Donald Trump avait affirmé que l’attaque des États-Unis et d’Israël était nécessaire pour éliminer les « menaces imminentes » de Téhéran. Quelques jours plus tard, il avait fait évoluer son discours, entretenant le flou sur les motivations américaines, et affirmant avoir saisi la « dernière et meilleure occasion » de frapper l’Iran.
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