Le grand mirage des valorisations en milliards : autopsie du crash des licornes françaises.
Le crash est brutal. Selon l’étude inédite du cabinet Mighty Nine (basée sur les données Dealroom de 2026), l’écosystème des licornes françaises est en plein effondrement.
L’état des lieux est sans appel : sur les 38 licornes officielles, 9 ont déjà fui pour relocaliser leur siège aux États-Unis (soit 25 % du total).
Pire, les valorisations de nos fleurons s’écroulent : -38 % pour Doctolib, -47 % pour Contentsquare, et jusqu’à -50 % pour Back Market.
Atlantico : L’étude du cabinet Mighty Nine révèle que sur les 38 licornes officielles, la France n’en compte plus que 23 « réelles » aujourd’hui.
En tant qu’économiste, quel regard portez-vous sur ce bilan chiffré ? Faut-il acter officiellement que nos licornes françaises ont perdu un terrain considérable et que l’écosystème traverse un véritable « crash » ?
Michel Ruimy : La réduction du nombre de licornes françaises « réelles » de 38 à 23 est moins une anomalie qu’une correction économique brutale d’un indicateur largement surévalué par l’abondance de capitaux entre 2019 et 2022.
La notion même de licorne, fondée sur une valorisation supérieure à un milliard de dollars, repose sur des transactions minoritaires et spéculatives qui ne traduisent ni la rentabilité, ni l’ancrage territorial effectif des entreprises.
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