Les recettes économiques appliquées en période de conflit militaire et politique ont fait basculer Israël dans une économie de bulles.
Une économie de bulles est une situation où le niveau de prix d’un bien est anormalement élevé par rapport à sa valeur fondamentale ; c’est bien ce qui s’est passé en Israël durant sa soixante-dix-septième année d’indépendance.
Certes, l’économie israélienne a bien résisté au choc des attaques terroristes du 7 octobre 2023 et aux conflits qui ont suivi ; une résilience qui s’explique par :
- une situation budgétaire saine en 2022,
- une gestion monétaire habile,
- un système financier solide,
- et de fortes réserves en devises.
- Une bulle boursière : À Tel Aviv, l’indice TA 35 a bondi de 28% en 2024 (et encore de 4% au premier trimestre 2025), sans commune mesure avec la valeur réelle des entreprises cotées en bourse. À titre de comparaison, le Dow Jones de Wall Street a gagné seulement 10% en 2024 alors que le CAC 40 (l’indice phare de la Bourse de Paris) s’est tassé de 2%.
- Une bulle immobilière : Les prix de l’immobilier vendu au cours des douze derniers mois ont bondi de 7,5%, un boom qui s’explique notamment par les subventions accordées par les promoteurs à l’achat d’appartements neufs. Il s’agit de prêts dits « crédits ballon » qui ne présentent aucune garantie de remboursement de la part de l’acheteur.
- Une bulle technologique : Le rachat récent par Google (pour 32 milliards de dollars) de la start-up israélienne Wiz, spécialisée dans la cybersécurité, symbolise la bulle dans laquelle la technologie israélienne s’est développée. De nombreux secteurs de l’informatique présentent les caractéristiques de bulle, comme l’intelligence artificielle (IA) qui attire l’argent plus vite qu’elle ne génère de la valeur, d’où un décalage qui se creuse entre des coûts importants et des revenus potentiels inconnus.
- Une bulle gazière : Les découvertes de gaz naturel en mer Méditerranée au début des années 2000 ont suscité un battage médiatique exagéré avant de s’estomper. Début 2025, le ministère de l’Énergie a choisi de ne pas augmenter les réserves de gaz naturel, marquant la fin de l’ère du gaz en Israël vers 2046 et recommandant la construction d’infrastructures d’importation de gaz dans le respect des normes environnementales.