Le 4 novembre 2026 – Au Cercle national des armées, Paris
Le mercredi 4 novembre 2026, le Cercle national des armées, situé place Saint-Augustin
dans le 8e arrondissement de Paris, accueillait la 16e édition du Salon des Femmes de
Lettres. Organisée par l’association Cocktail & Culture, sous le patronage du ministère de
la Culture et de la mairie du 8e arrondissement, cette rencontre réunissait plus de
soixante autrices pour célébrer la littérature féminine et mettre en lumière les femmes
qui, par leurs engagements, leurs idées ou leurs parcours, ont marqué leur époque.
La soirée était placée sous le parrainage de Jean-Marie Rouart, de l’Académie française,
et de Françoise Chandernagor, de l’Académie Goncourt.
Un rendez-vous littéraire dans un lieu chargé d’histoire
Inauguré en 1928, le Cercle national des armées, également appelé Maison des officiers
de France, est un édifice d’inspiration néoclassique conçu par l’architecte Charles
Lemaresquier. Avec ses salons de réception et sa vocation à la fois institutionnelle et
culturelle, il offre un cadre particulièrement solennel aux rencontres littéraires.
C’est dans ce lieu que Cocktail & Culture organise depuis de nombreuses années son
Salon des Femmes de Lettres, devenu un rendez-vous annuel du calendrier littéraire
parisien.
Association à but non lucratif, Cocktail & Culture œuvre à la promotion des écrivains et
de la vie littéraire à travers l’organisation de salons, de rencontres et de prix. Sous
l’impulsion de Michèle Rossi et de sa fille Alexandra Rossi von Thüngen, elle favorise
les échanges entre auteurs, lecteurs, éditeurs et personnalités du monde culturel.
Le Salon des Femmes de Lettres illustre cette démarche. Au-delà de la remise des
distinctions, il permet aux écrivaines de présenter et de dédicacer leurs ouvrages, tout
en faisant découvrir au public des voix et des parcours parfois méconnus.
Michèle Rossi élevée au rang de chevalier des Arts et des Lettres
L’un des premiers temps forts de la soirée fut la remise des insignes de chevalier de
l’ordre des Arts et des Lettres à Michèle Rossi, distinction attribuée au titre de la
promotion d’hiver 2026.
Jean-Marie Rouart, chargé de lui remettre cette décoration, a livré un discours mêlant
admiration et humour. Revenant sur le parcours de Michèle Rossi, il a souligné
l’extraordinaire diversité de ses réalisations, mais surtout la générosité qui les anime.
1Lucile Melul
Au-delà de son activité culturelle, Jean-Marie Rouart a salué la réussite de Michèle Rossi
dans les différentes dimensions de sa vie, rappelant son attachement à sa famille, à ses
amis et à la fidélité des liens humains.
Émue, la récipiendaire a exprimé sa gratitude envers Madame Rachida Dati, qui a signé
sa nomination, Monsieur Jérémy Redler, fidèle soutien de l’association, ainsi qu’envers
les personnalités qui l’ont accompagnée, notamment Dominique Bona et Jean-Marie
Rouart, tous deux membres de l’Académie française.
Cette distinction venait reconnaître un engagement de longue date en faveur de la
création et du rayonnement de la littérature.
Quatre prix pour mettre à l’honneur des parcours de femmes
La cérémonie s’est poursuivie avec la remise de quatre distinctions littéraires,
récompensant des ouvrages consacrés à des femmes remarquables, à leur liberté et à
leur place dans l’histoire.
Le prix de la Mairie du 8e arrondissement a été remis par Catherine Lécuyer, maire
de l’arrondissement, à Ann Bandle et Béatrice Peyrani pour Elles ont changé le monde
sur le Léman, publié aux éditions Slatkine.
L’ouvrage retrace les destins de huit femmes artistes, intellectuelles et figures de la vie
culturelle dont les trajectoires ont croisé les rives du lac Léman. À travers leurs portraits,
les deux auteurs rendent hommage à des femmes qui ont défié les conventions de leur
époque pour affirmer leur indépendance et leur créativité.
Le prix des Femmes de Lettres 2026 a distingué Simonetta Greggio pour Le Souffle
de la forêt, paru aux éditions Arthaud.
L’autrice y retrace la vie singulière de Simona Kossak, biologiste et zoologue polonaise
qui choisit de vivre pendant plus de trente ans au cœur de la forêt de Białowieża, l’une
des dernières forêts primaires d’Europe. Son existence, consacrée à l’étude et à la
protection du monde animal, incarne une autre forme d’émancipation féminine, fondée
sur l’indépendance et la fidélité à ses convictions.
Le prix Cocktail & Culture a été attribué à la Princesse Yasmine Murat pour La Reine et
le Sabre, publié aux éditions de l’Archipel.
Ce roman historique redonne sa place à Caroline Bonaparte, sœur de Napoléon et reine
de Naples, longtemps restée dans l’ombre de son frère et de son époux, Joachim Murat.
L’auteur, elle-même liée à cette histoire par son mariage avec un descendant de la famille
Murat, a souligné l’importance de restituer le rôle des femmes de l’Empire, trop souvent
reléguées à l’arrière-plan des grands récits historiques.
2Lucile Melul
Enfin, le prix Simone Veil 2026, distinction majeure de la soirée, a été décerné à
l’unanimité du jury à Natalie David-Weill pour La Petite Fille au ruban bleu. Le monde
disparu d’Irène Cahen d’Anvers, publié chez Flammarion.
À partir du célèbre portrait peint par Auguste Renoir, l’écrivaine retrace le destin d’Irène
Cahen d’Anvers, issue de la grande bourgeoisie juive française de la fin du XIXe siècle.
Son récit restitue un monde de collectionneurs, de mécènes et de grandes familles
profondément attachées à la France, dont l’existence fut bouleversée par la montée de
l’antisémitisme et la tragédie de la Seconde Guerre mondiale.
L’ouvrage interroge également la place des femmes dans la mémoire familiale et
collective. Derrière le visage immortalisé par Renoir, Natalie David-Weill s’attache à
faire réapparaître une personnalité complexe et souvent jugée à travers le regard des
autres.
En remettant le prix, Barbara Rosnay-Veil a salué la force du récit de Natalie David-
Weill, qui fait revivre un monde disparu tout en interrogeant, à travers le destin d’Irène
Cahen d’Anvers, les illusions d’une bourgeoisie juive française qui se croyait à l’abri des
bouleversements de l’Histoire.
Lors de la remise de son prix, l’auteur a confié que, parmi toutes les distinctions qu’elle
aurait pu recevoir, le prix Simone Veil revêtait pour elle une signification exceptionnelle.
Elle a rappelé tout ce que représentait Simone Veil et exprimé sa gratitude au jury pour
cette reconnaissance.
Barbara Rosnay-Veil et Natalie David-Weill, remise du prix Simone Veil 2026
Un hommage à Madame de Sévigné, quatre siècles après sa naissance
3Lucile Melul
La soirée a également mis à l’honneur l’histoire littéraire en célébrant le quatrième
centenaire de la naissance de Madame de Sévigné, née en 1626.
Cet hommage, associé aux interventions de Geneviève Haroche-Bouzinac et Stéphanie
Tesson, a permis de redécouvrir une femme dont la correspondance continue de
fasciner les lecteurs quatre siècles plus tard.
La marquise a été présentée à travers cinq adjectifs : libre, audacieuse, aimable, fidèle et
modeste. Libre par son indépendance, audacieuse dans ses déplacements et ses choix,
fidèle dans ses amitiés, mais aussi profondément cultivée et attentive aux autres,
Madame de Sévigné apparaît comme une personnalité bien plus complexe que l’image
mondaine parfois retenue d’elle.
Trois extraits de lettres adressées à sa fille, Madame de Grignan, datées de 1671, 1674
et 1690, ont ponctué cet hommage. Ils ont rappelé la vivacité de sa plume, son humour
et, surtout, la profondeur de son attachement maternel.
Cette correspondance a également fait l’objet d’une adaptation au Théâtre de Poche-
Montparnasse, où Béatrice Agenin a prêté sa voix à la marquise dans un spectacle dont
les lettres étaient choisies et commentées par Sébastien Lapaque.
Le souvenir de Pierre-François Veil
Un moment de recueillement a également été consacré à Pierre-François Veil, fils de
Simone Veil, disparu le 6 mai 2026.
Avocat et président de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, il avait consacré une
part importante de son engagement à la transmission de la mémoire et à la lutte contre
l’antisémitisme.
Un hommage particulièrement personnel lui a été rendu en présence de son épouse,
Barbara Rosnay-Veil, membre du jury. Ses proches ont évoqué un homme lumineux,
cultivé et profondément attaché aux autres, dont l’intelligence et la bienveillance
accompagnaient les échanges littéraires.
Une soirée consacrée aux femmes et à leur héritage
Cette 16e édition du Salon des Femmes de Lettres aura ainsi fait dialoguer les époques,
les parcours et les sensibilités, à travers des œuvres qui éclairent la place des femmes
dans l’histoire et la société.
4Lucile Melul
Au-delà des distinctions littéraires, la soirée a rappelé le rôle essentiel de la littérature
dans la préservation de la mémoire, la transmission des histoires individuelles et la
redécouverte de destins parfois oubliés.
Une belle illustration de l’engagement de Cocktail & Culture, qui œuvre depuis seize ans
à faire vivre la littérature et à mettre en lumière celles qui l’écrivent.
Les lauréates des prix littéraires de la 16ème édition du Salon des Femmes de Lettres

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