L’échec des républicains aux élections américaines de mi-mandat suscite une vive inquiétude en Israël.

Par |2026-11-04T15:18:45+01:004 Nov 2026|Catégories : EDITORIAL|

Après la défaite de Trump aux midterms, Israël redoute de perdre son principal allié

Vu de Tel-Aviv.

L’échec des républicains aux élections américaines de mi-mandat suscite une vive inquiétude en Israël. Alors que les démocrates ont repris le contrôle du Congrès, la presse israélienne s’interroge sur les conséquences de ce revers pour l’État hébreu et pour Benyamin Nétanyahou, déjà engagé dans une difficile bataille pour conserver le pouvoir.

“Le dernier bastion pro-israélien est tombé : le temps presse pour provoquer l’effondrement du régime iranien”, titre le quotidien conservateur Israel Hayom, selon lequel les campagnes menées depuis des années contre Israël sur les campus américains ont fini par gagner le cœur de la vie politique à Washington. La victoire des démocrates risque désormais de limiter considérablement la marge de manœuvre de l’État hébreu, notamment face à l’Iran, ajoute-t-il.

“Il nous reste deux dernières années de répit avec un président favorable à Israël, mais meurtri et affaibli, pour mettre fin à la guerre contre l’Iran dans les meilleures conditions possibles”, avertit le quotidien. Faute de quoi, Téhéran pourrait reconstituer ses capacités militaires, tout comme le Hezbollah et peut-être même le Hamas.

L’affaiblissement d’Israël à Washington

Pour le quotidien de gauche Haaretz, l’affaiblissement d’Israël ne date pas du scrutin américain. Deux jours plus tôt, Donald Trump annonçait déjà la fin de l’aide militaire américaine à l’État hébreu d’ici à la fin de l’année. Une décision qui témoigne, selon le journal, de “la dégradation de la situation stratégique de l’État hébreu, dans un contexte de guerre régionale sous la direction de Benyamin Nétanyahou”.

Le calendrier de cette annonce ne serait pas fortuit, rappelle Haaretz : elle est intervenue à l’ouverture des bureaux de vote américains, alors que plusieurs candidats démocrates avaient fait campagne contre l’aide militaire à Israël, accusant Washington de financer ce qu’ils qualifient de “génocide” dans la bande de Gaza.

Cette nouvelle donne pourrait également peser sur l’avenir politique de Nétanyahou. Le site anglophone The Times of Israel rapporte les réactions de l’opposition israélienne, qui voit dans la défaite des républicains un argument supplémentaire contre son maintien au pouvoir.

Nétanyahou ne peut pas “rester Premier ministre”

Pour Yaïr Lapid, ce revers électoral exclut désormais toute possibilité de former un gouvernement d’union nationale dirigé par Nétanyahou. “Israël ne peut pas se permettre de le laisser rester Premier ministre”, affirme-t-il. Même constat chez Yaïr Golan, chef du parti Les Démocrates, pour qui le scrutin révèle à quel point Nétanyahou est devenu “toxique” chez les démocrates américains comme chez les républicains. Il met en garde contre un risque d’isolement diplomatique et de confrontation avec Washington.

Ces réactions interviennent à un moment décisif pour la politique israélienne. Ce mercredi, le président Isaac Herzog doit entamer ses consultations avec les partis élus à la Knesset afin de désigner celui qui sera chargé de former le prochain gouvernement, après les législatives du 27 octobre qui n’ont dégagé aucune majorité claire.

Selon le site du quotidien Yediot Aharonot, Gadi Eisenkot, principal rival de Nétanyahou, devrait recueillir davantage de recommandations que le Premier ministre sortant. Herzog pourrait lui confier cette mission dès vendredi ou au début de la semaine prochaine. Mais même désigné, Eisenkot devra encore surmonter les profondes divisions de l’opposition pour réunir une majorité.

Partager :

Partager cet article, Choisissez votre plateforme !

Laisser un commentaire

Aller en haut