Les élections pourrait reconfigurer la relation entre l’État hébreu et l’Union européenne, les deux parties étant liées par un .

Entré en vigueur en 2000, ce texte permet des échanges commerciaux dans un cadre de libre-échange dans plusieurs secteurs, notamment industriel et agricole. Face à la situation actuelle dans la bande de Gaza et au Liban notamment, son avenir est en question.

Comment vont se dérouler les élections ?

Le Parlement israélien, appelé la Knesset, compte 120 sièges. Pour disposer d’une majorité, un gouvernement doit donc en obtenir au moins 61.

Israël applique un système électoral à la , ce qui signifie que les gouvernements ont toujours été formés de coalitions réunissant plusieurs partis. Pour être représentée à la Knesset, une liste doit recueillir au moins 3,25 % des voix, ce qui lui accorde quatre sièges.

Après le jour du scrutin, plusieurs semaines, voire plusieurs mois peuvent s’écouler avant la formation du prochain gouvernement. Les différents partis font alors des concessions et concluent des accords. Si aucun bloc ne parvient à former une majorité, un gouvernement minoritaire peut également accéder au pouvoir.

Le sixième gouvernement de Benyamin Netanyahou, investi le 29 décembre 2022, réunit des partis de droite, dont le Likoud, ainsi que des formations ultra-orthodoxes – Shas et Judaïsme unifié de la Torah – et des partis classés à l’extrême droite, notamment HaTzionut HaDatit (Parti sioniste religieux), Otzma Yehudit (Force juive) et Noam. Cette coalition, qui dispose de 64 sièges sur 120 à la Knesset, est régulièrement présentée dans les médias comme « la plus à droite de l’histoire d’Israël« .

Qui sont les principaux candidats en lice ?

Outre Benyamin Netanyahou, plusieurs figures politiques israéliennes espèrent bien tirer leur épingle du jeu. Parmi elles, Gadi Eisenkot. Ancien chef d’état-major de l’armée, ce dernier a vu sa popularité progresser dans les sondages au cours de l’été. À la tête du parti Yashar ! (« Droit » ou « Honnête »), il affiche un profil qui tranche avec celui de Netanyahou : perçu comme un homme extérieur aux codes politiques traditionnels, ce militaire, partisan d’une ligne ferme en matière de sécurité, est issu d’un milieu modeste et fils d’immigrés marocains. Il a également été personnellement éprouvé par la mort de son fils, en décembre 2023, dans les combats à Gaza.

Parmi les autres figures de l’opposition figurent l’ancien Premier ministre Naftali Bennett et Avigdor Lieberman, chef du parti Yisrael Beiteinu. Issus de la droite, tous deux défendent des positions sécuritaires intransigeantes et s’opposent à la création d’un État palestinien, même si leurs trajectoires politiques diffèrent. Bennett fait campagne au sein de BeYachad (« Ensemble »), une liste commune avec l’ancien Premier ministre Yair Lapid, dirigeant du parti centriste Yesh Atid. Ancien ministre de la Défense, Lieberman a, pour sa part, longtemps été un collaborateur puis un allié de Netanyahou, avant de rompre avec lui en quittant son gouvernement en 2018. Parmi ses griefs figurait le manque de fermeté qu’il reprochait au Premier ministre face au Hamas dans la bande de Gaza. Depuis, il est devenu l’un de ses critiques les plus virulents.

À gauche, Yair Golan défend une autre orientation. À la tête du parti Les Démocrates, il plaide pour le renforcement des institutions démocratiques et de l’État de droit, ainsi que pour une plus grande représentation des citoyens arabes d’Israël, notamment au sein d’un éventuel futur gouvernement.

Quels sont les principaux enjeux du scrutin ?

Les législatives israéliennes du 27 octobre constituent avant tout un test pour Benyamin Netanyahou, son bilan sécuritaire depuis les attaques du 7 octobre 2023 et sa gestion de la guerre à Gaza. Les électeurs devront notamment se prononcer sur les questions de sécurité, la responsabilité des défaillances ayant précédé les attaques, la réforme judiciaire, la conscription des ultra-orthodoxes et le coût de la vie. Face au Premier ministre, l’opposition rassemble des formations de droite, du centre et de gauche, dont les divergences pourraient compliquer la formation d’un gouvernement.

En l’état, aucun des principaux blocs ne semble en mesure d’obtenir seul la majorité des 120 sièges de la Knesset. Le poids des petits partis, la participation des électeurs arabes et les négociations de coalition seront donc déterminants, d’autant que plusieurs formations hésitent sur les alliances qu’elles accepteraient de nouer après le scrutin.

… et les enjeux pour l’Europe ?

Sur le plan européen, le scrutin pourrait infléchir (ou non) les relations entre Israël et l’Union européenne, déjà marquées par des désaccords sur la guerre à Gaza et la colonisation en Cisjordanie. défend une solution à deux États, réclame le désarmement du Hamas et le retrait complet des forces israéliennes de Gaza, et a adopté des sanctions ciblées contre des colons extrémistes. Certains pays, comme l’Espagne et les Pays-Bas sont même allés encore plus loin en imposant des sanctions commerciales aux colons.

Une coalition accordant une place importante à l’extrême droite pourrait accentuer les divergences sur la colonisation et la question palestinienne. Un gouvernement plus centriste pourrait, en revanche, ouvrir la voie à un dialogue différent, sans garantir pour autant un rapprochement avec l’.

Sans oublier l’avenir des relations entre l’État hébreu et Washington. Fidèle soutien de Benyamin Netanyahou, Donald Trump aussi pourrait sortir fragilisé des Midterms qui auront lieu le 3 novembre. Si les deux hommes sont désavoués dans les urnes, de nombreuses cartes pourraient être rebattues…

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