Où sont les femmes ?
La parité recule aux plus hauts postes de l’État, sur les 31 ministères que compte le gouvernement israélien, une seule femme occupe aujourd’hui un poste de directrice générale.
Depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement actuel, la proportion de femmes nommées à la direction des ministères a oscillé entre 0 et 5 %, contre près de 40 % sous le précédent gouvernement Bennett-Lapid.
En février 2025, la Cour suprême avait pourtant estimé que le gouvernement ne respectait pas son obligation légale d’assurer une représentation équitable des femmes dans les nominations aux postes de responsabilité. Elle avait ordonné la mise en place de mesures pour corriger ce déséquilibre, y compris pour les fonctions pourvues sans appel à candidatures.
Le problème dépasse la haute administration. Selon le dernier rapport du Forum économique mondial, Israël occupe le 71e rang sur 145 pays en matière d’égalité entre les sexes, mais seulement la 93e place pour la représentation politique des femmes. Alors que le pays approche de la parité dans l’éducation, les femmes restent largement minoritaires dans les instances de décision.
Le gouvernement actuel a compté six femmes ministres au total, contre neuf dans le précédent. À la Knesset, leur nombre est passé de 45 lors de la précédente législature à 33 dans l’assemblée sortante.
À moins de deux semaines des élections du 27 octobre, les sondages font apparaître un profond fossé entre les blocs politiques. Selon une moyenne des dernières enquêtes d’opinion, les partis du bloc du changement pourraient compter 24 femmes parmi leurs 52 élus, soit 46 %. Dans les formations soutenant Benyamin Netanyahu, elles ne seraient que sept sur 54, soit 13 %, selon les hypothèses retenues.
Les partis ultraorthodoxes Shas et Judaïsme unifié de la Torah ne présentent toujours aucune candidate. À l’inverse, les listes de Gadi Eisenkot et de Naftali Bennett accordent près de la moitié de leurs places éligibles aux femmes.
Ces projections restent tributaires des résultats du scrutin. Elles montrent néanmoins que la place des femmes dans la vie politique israélienne dépend fortement des partis et des coalitions. Et si la prochaine Knesset pourrait compter davantage d’élues, aucune femme ne dirige aujourd’hui l’une des principales formations politiques en lice.
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