Pénuries, colère et prix record : le carburant met la région sous tension
L’offensive économique lancée par Washington contre Téhéran, les perturbations dans le détroit d’Ormuz et les attaques contre les infrastructures pétrolières accélèrent une crise qui frappe déjà l’Irak, la Syrie et l’Iran. Israël évite les pénuries, mais pas l’envolée des prix.
En Irak, des files interminables se reforment devant les stations-service de Bagdad et de plusieurs provinces. Certaines limitent les ventes à 40 litres par véhicule. Le paradoxe est saisissant : deuxième producteur de l’Opep, le pays exporte massivement du pétrole brut, mais ses raffineries ne produisent pas assez d’essence pour couvrir la consommation locale. Les cargaisons de carburant importé arrivent désormais au compte-gouttes, retardées par les perturbations maritimes.
En Syrie, la crise a déjà gagné la rue. La hausse de 40 % du diesel et de près de 30 % de l’essence a provoqué des manifestations à Idlib, Raqqa, Hama et Alep. Des pneus ont été incendiés et plusieurs routes, dont des axes empruntés par les camions-citernes, ont été bloquées. Le pays ne produit que 102 000 barils par jour pour des besoins estimés à 325 000. L’arrêt temporaire de la raffinerie de Banias, la baisse des livraisons russes et l’envolée du coût des importations ont rendu la situation explosive.
En Iran, les exportations pétrolières seraient tombées entre 220 000 et 255 000 barils par jour en août, contre près de deux millions en mars. Dans le même temps, la consommation intérieure d’essence atteint un record de 145 millions de litres par jour, au-delà des capacités nationales de raffinage. Téhéran a doublé le prix appliqué au-delà du quota mensuel de 110 litres, faisant redouter une nouvelle poussée de l’inflation, déjà proche de 67 %.
Israël ne connaît ni rationnement ni files d’attente, mais n’échappe pas à la flambée. Son pétrole, principalement importé d’Azerbaïdjan et du Kazakhstan par la Méditerranée, ne transite pas par Ormuz. Cette route protège l’approvisionnement, pas les prix : le litre d’essence a atteint le niveau record de 8,25 shekels début septembre. Le gouvernement a décidé de réduire temporairement la taxe de 50 agorot pour ramener le tarif à 7,75 shekels.
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