Il y a tout juste un an, le ministre des Affaires étrangères israélien Gideon Sa’ar atterrissait à Kyiv. Une première depuis le début de la guerre. Il rencontrait Zelensky, il annonçait une nouvelle ère de coopération en défense et en technologie. Les titres parlaient d’un tournant historique.
Mais concrètement, où en est-on ? Est-ce que cette coopération existe vraiment ? Ou est-ce que c’est surtout du storytelling géopolitique ?
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MYTHE N°1
Premier mythe : Israël aide massivement l’Ukraine sur le plan militaire.
La réalité est plus nuancée. Pendant des années, Israël a officiellement refusé de livrer des armes à l’Ukraine — pour ne pas froisser Moscou, dont les bonnes grâces étaient essentielles sur les dossiers syriens et iraniens. Les demandes ukrainiennes répétées — systèmes de défense anti-aérienne, drones, renseignement — ont systématiquement été écartées.
C’était la politique officielle. Mais la politique officielle et la réalité du terrain, c’est rarement la même chose.
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RÉALITÉ N°1
Car en parallèle, des startups israéliennes ont trouvé des chemins détournés. Technologies de cybersécurité, logiciels de renseignement, équipements à double usage. Le Jerusalem Post l’écrivait clairement l’an dernier : « les réglementations ont bloqué les ventes officielles, mais beaucoup ont trouvé des moyens d’apporter leurs solutions. »
Autrement dit, la coopération existait — mais de façon discrète, décentralisée, presque informelle. Ce n’est pas rien, mais c’est loin du partenariat stratégique affiché.
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MYTHE N°2
Deuxième mythe : l’Ukraine n’a rien à apporter à Israël. Elle est dans l’état de recevoir, pas de donner.
C’est faux. L’Ukraine a développé sous la pression de la guerre une expertise unique : des drones de combat parmi les plus avancés du monde, testés dans des conditions réelles, un écosystème cybersécurité forgé dans l’urgence — les Ukrainiens ont été les premières victimes des grandes cyberattaques russes, NotPetya en 2017, les attaques sur les réseaux électriques. Ils savent défendre.
La plateforme BRAVE1, l’accélérateur ukrainien de défense-tech, a fait émerger des centaines de startups en temps de guerre. C’est ça, la startup nation version guerre totale.
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RÉALITÉ N°2
Ce que les deux pays commencent à comprendre, c’est qu’ils sont complémentaires. Israël a l’écosystème, les capitaux, les export licences et l’expérience des cycles R&D rapides. L’Ukraine a le terrain d’essai, les ingénieurs, et une urgence opérationnelle qui accélère tout.
La vraie coopération qui se dessine, ce n’est pas Israël qui donne et l’Ukraine qui reçoit. C’est deux nations en guerre qui mutualisent leurs forces : drones israéliens + IA ukrainienne anti-drone, cybersécurité croisée, médecine de terrain, énergie résiliente. Et l’Israel Innovation Authority en discussions avec BRAVE1 pour un fonds R&D conjoint.
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MYTHE N°3
Troisième mythe : ce partenariat est solide et installé.
Non. Il est encore très fragile. Les contraintes d’export-control israéliennes sont réelles. La méfiance diplomatique n’a pas totalement disparu. Et sur le terrain, les projets concrets restent peu nombreux — les groupes de travail ont été annoncés, les MoU sont en discussion, mais on n’en est qu’aux prémices.
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CONCLUSION —
Alors, mythe ou réalité ? Les deux.
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