Ce futur sous-marin nucléaire français construit dans le plus grand secret, L’Invincible
Le futur sous-marin nucléaire L’Invincible, premier SNLE de troisième génération français, reste entouré du plus grand secret. Si ses caractéristiques demeurent confidentielles, sa construction est déjà en cours et mobilise les sites de Naval Group partout en France.

C’est l’un des projets militaires les plus secrets de la France. Baptisé L’Invincible, le premier sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE) de troisième génération doit entrer en service à l’horizon 2036. Pour l’heure, très peu d’informations ont été dévoilées sur cet appareil appelé à remplacer progressivement les sous-marins de la classe Triomphant. Ni son design, ni ses caractéristiques précises n’ont été rendus publics. Même sa longueur exacte reste confidentielle, même si plusieurs estimations évoquent un bâtiment d’environ 150 mètres, soit une dizaine de mètres de plus que les SNLE actuellement en service.
Le secret est tel qu’aucune visite officielle ni présentation publique n’a, à ce jour, été organisée. Le développement industriel de L’Invincible est pourtant bien engagé. La construction a commencé sur le site de Cherbourg, où sont notamment fabriqués les premiers éléments de coque, indique La Presse de la Manche. Ce chantier s’inscrit dans le programme SNLE 3G, lancé en 2020 pour remplacer progressivement les sous-marins de la classe Triomphant et assurer le renouvellement de la dissuasion nucléaire française.
Un sous-marin fabriqué aux quatre coins de la France
Sur BFM Business, le 26 juin dernier, le PDG de Naval Group, Pierre-Eric Pommellet, a confirmé que ce projet mobilisera l’ensemble des sites industriels du groupe. Cherbourg restera le cœur de l’assemblage, tandis que le site d’Indret, près de Nantes, est chargé de la chaufferie nucléaire. D’autres implantations participeront également à la construction : Angoulême-Ruelle réalisera le massif et certaines parties hautes, Lorient fabriquera plusieurs structures en matériaux composites ainsi que la partie avant du sous-marin, Brest produira différents modules, tandis qu’Ollioules (Var) développera les systèmes de combat embarqués.
Au total, près de 20 millions d’heures de travail seront nécessaires pour l’ensemble du programme SNLE 3G. À Brest, Naval Group prévoit notamment un investissement de 30 millions d’euros pour créer de nouvelles infrastructures, avec environ 500 personnes mobilisées sur le programme. L’industriel souligne également que la chaîne d’approvisionnement reposera très largement sur des entreprises françaises, afin de préserver les compétences stratégiques du secteur de la défense.
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