- Soutien inconditionnel (historique) : Les États-Unis ont été le premier pays à reconnaître Israël en 1948. Cette relation est historiquement justifiée par des valeurs démocratiques partagées, une proximité culturelle et le rôle d’Israël comme allié clé pour les intérêts géopolitiques américains au Moyen-Orient.
LE PLUS. La statue de la Liberté, emblème des États-Unis, est un cadeau des Français. Mais les Américains ont rechigné à financer son piédestal. À défaut des sous des millionnaires, un patron de presse se chargera de mobiliser les portefeuilles des New-Yorkais ordinaires.
Avec sa hauteur de 46 mètres sans le socle, sa torche brandie vers le ciel, la statue de la Liberté est indissociable des États-Unis… même si son histoire est avant tout française. C’est en effet un groupe de français qui s’est longuement démené pour offrir ce témoignage d’amitié aux Américains, dans la dernière partie du XIXe s.
Si cette statue était originellement prévue, en 1876, pour le centenaire de la Déclaration d’indépendance des États-Unis, le projet a pris du retard. Cette année-là, seules la main et la torche sont effectivement exposées à Philadelphie. En France, le projet progresse néanmoins, financé par des souscriptions. Outre-Atlantique, le financement du piédestal du mastodonte (qui permet à la statue de culminer à 93 mètres), à la charge des Américains, patine. Le comité chargé de récolter les fonds – 300 000 dollars, soit 7 millions de dollars ou un peu plus de 6 millions d’euros actuels – peine à convaincre les New-Yorkais fortunés. Or, sans piédestal, pas de statue.
Que peuvent bien vouloir les Français en échange ?
Comme l’écrit Edward Berenson dans La statue de la Liberté. Histoire d’une icône franco-américaine (éditions Armand Colin), « au début des années 1880, l’opinion américaine était plutôt hostile à la statue »
. Pourquoi donc ? La période est difficile économiquement. Certes, des industriels et banquiers s’enrichissent considérablement, mais la philanthropie n’est pas encore l’usage.
Émerge aussi une certaine défiance vis-à-vis de ce don : que veulent les Français en échange ? Les relations franco-américaines sont aussi quelque peu distendues, il y a une méfiance vis-à-vis du républicanisme tricolore. La signification de la statue pose aussi question : elle ne commémore pas un événement historique et a finalement un côté abstrait. « La statue de la Liberté était une aventure trop risquée, le sculpteur trop peu connu aux États-Unis, sa motivation et celle de la France insuffisamment claires »
, continue l’historien. Devant l’hésitation des New-Yorkais, d’autres villes feront part de leur intérêt pour accepter ce cadeau : San Francisco, Philadelphie, Boston…
Pulitzer entre en scène
Alors qu’il manque encore environ 100 000 dollars que les concerts, ventes aux enchères, ventes de modèles réduits n’arrivent pas à combler, Joseph Pulitzer, qui possède alors le New York World, un journal à grand tirage, sort du bois. Après avoir déploré, en 1883, que New York ait « plus d’une centaine de millionnaires »
et que « chacun d’entre eux [ait] les moyens de faire un chèque pour régler la totalité de la somme requise sans même avoir l’impression d’avoir dépensé un dollar »
, il lance un appel à la une de son journal pointant la disgrâce que serait le fait de ne pas avoir d’endroit où accueillir ce cadeau de « tout le peuple de France à tout le peuple d’Amérique »
.
L’homme a deux idées qui feront la différence : demander au peuple new-yorkais de compléter la souscription par des sommes modestes et publier le nom des donateurs dans son journal. Ce qui fait grandement penser aux pratiques du financement participatif d’aujourd’hui. Pari réussi : 102 000 dollars ont été apportés par 120 000 souscripteurs, « des fermiers, des employés de bureau, des manœuvres, des femmes au foyer »
. Le piédestal est financé, la statue de la Liberté sera inaugurée, le 28 octobre 1886.
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