Le Qatar apporterait depuis des années un soutien économique et militaire à l’Iran – renseignements

La coopération entre les 2 pays se serait intensifiée après l’effondrement du JCPOA en 2018, Doha fournissant à Téhéran du carburant pour roquettes et du matériel destiné à la fabrication de drones

Le président iranien Ebrahim Raissi accueilli par l'émir du Qatar Tamim ben Hamad al-Thani, à son arrivée à Doha, au Qatar, le 21 février 2022. (Crédit : Présidence iranienne via AP)

Un rapport d’une agence de renseignement étrangère révèle que le Qatar apporte un soutien économique et militaire à l’Iran depuis des années, notamment en lui fournissant du carburant pour roquettes et du matériel destiné à la fabrication de drones, selon une information rapportée mardi.

Selon la chaîne publique Kan, cette coopération s’est intensifiée en 2018, lorsque le président américain Donald Trump s’est retiré de l’accord sur le nucléaire iranien, connu sous l’acronyme JCPOA, signé trois ans plus tôt, et s’est poursuivie après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, qui a marqué le début de la guerre que mène Israël sur plusieurs fronts dans la région.

Le Qatar détient également quelque 6 milliards de dollars de fonds iraniens gelés, qui devraient être débloqués dans le cadre de l’accord que Trump négocie actuellement avec la République islamique. Selon le rapport, cette somme serait destinée à financer des groupes terroristes plutôt qu’à favoriser le développement économique.

La chaîne n’a pas précisé de quel service de renseignement provenait ce rapport, ni quand il avait été rédigé, ni comment elle s’en était procuré une copie.

Il semble indiquer que les relations entre l’Iran et le Qatar, qui se sont intensifiées à la fin des années 2010, ont donné lieu à un volume important d’échanges commerciaux et de coopération entre les deux pays au cours des années suivantes. L’Iran et le Qatar ont tous deux apporté leur soutien au groupe terroriste palestinien du Hamas, dont les dirigeants ont longtemps été basés à Doha, la capitale qatarie.

Le Qatar accueille également une base militaire américaine et a été salué à plusieurs reprises par Trump. Il a joué le rôle de médiateur dans la guerre entre Israël et le Hamas, ainsi que dans le conflit contre la République islamique d’Iran.

Selon ce rapport, les liens économiques entre les deux pays se sont resserrés en 2018, après le retrait des États-Unis du JCPOA, à la demande pressante d’Israël, ce qui a entraîné l’effondrement de l’accord. Un an plus tôt, plusieurs États arabes, dont certains voisins du Qatar dans le Golfe, avaient rompu leurs relations avec ce dernier en raison de son soutien à des groupes terroristes.

En 2020, les médias d’État iraniens avaient annoncé un rapprochement entre les deux pays, notamment à la suite de la visite de l’émir du Qatar à Téhéran. Des responsables iraniens s’étaient également rendus au Qatar. Lors de cette visite, l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de l’époque, avait appelé à un resserrement de leurs liens économiques, selon l’agence de presse iranienne IRNA.

Selon Kan, qui cite le rapport des services de renseignement extérieurs, les échanges commerciaux entre le Qatar et l’Iran ont augmenté à partir de 2018, notamment dans le domaine de l’énergie, que l’Iran a commencé à fournir au Qatar.

Le Qatar a également fourni à l’Iran du matériel militaire, notamment des produits dits « à double usage », pouvant servir à des fins civiles ou militaires, selon le rapport. Il s’agit notamment d’hydrogène et d’autres matériaux pouvant servir de carburant pour des roquettes et des drones, ainsi que d’aluminium et de pièces de moteur destinées à la fabrication de drones.

Au cours de la dernière guerre contre le régime iranien, Téhéran a attaqué Israël et d’autres pays de la région à l’aide de missiles et de drones. De multiples frappes iraniennes ont touché le Qatar, notamment une attaque contre son importante installation de gaz fossile de Ras Laffan en mars.

Selon le rapport, en 2024, les gouverneurs des banques des deux pays sont parvenus à un accord pour débloquer les fonds iraniens détenus au Qatar. Toutefois, les États-Unis, alors dirigés par l’administration Biden, ont empêché l’entrée en vigueur de cet accord.

Selon Kan, l’Iran devrait recevoir cet argent dans le cadre de l’accord en cours de négociation entre les États-Unis et l’Iran.

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