A qui s’adresse la Coupe du monde de football ? La question peut paraître étonnante, mais elle semble on ne peut plus légitime à quelques jours du lancement de la 23e édition de ce rendez-vous phare du football mondial. Cette année, les matchs auront lieu entre trois pays : le Mexique, le Canada et les États-Unis. Des millions de supporters se déplacent généralement pour voir les rencontres dans les stades – en 2022, au Qatar, 3,4 millions de personnes avaient assisté aux matchs, selon la Fifa. Cette année, la politique migratoire de Donald Trump prive des milliers de personnes de l’événement.
Les journalistes de la BBC ont recueilli le témoignage de plusieurs supporters de football qui n’ont pas obtenu de visa pour les États-Unis. Alors que le coup d’envoi de la Coupe du monde sera donné ce jeudi 11 juin 2026, des milliers de personnes se retrouvent interdites d’entrée sur le sol américain. Dans de nombreux cas, ce sont les restrictions d’octroi des visas décidées par Donald Trump qui sont en cause.
Les ressortissants de ces pays n’ont aucune chance d’assister à la Coupe du monde en direct
Pour les supporters des équipes de Haïti, d’Iran, du Sénégal et de la Côte d’Ivoire, toutes représentées dans cette Coupe du monde, le voyage aux États-Unis est quasiment impossible. Depuis sa réélection, Donald Trump a signé des interdictions de voyage ou demandé une baisse du nombre de visas octroyés pour ces pays. « C’est une forme de ségrégation qui ne dit pas son nom », estime Julien Kouadio Adonis, membre de l’association des fans ivoiriens.
Les fans européens, eux, n’auront probablement aucun problème à entrer sur le territoire. S’ils sont ressortissants de l’un des 42 pays du monde qui bénéficient d’un accord avec Washington pour entrer aux États-Unis sans visa, ils n’ont qu’à payer les 40 dollars de l’autorisation de voyage Esta. Aucun pays africain ne figure sur cette liste. Et seuls trois pays du Moyen-Orient y sont : Brunei, Israël et le Qatar.
Une Coupe du monde entre ressortissants de pays riches ?
Dans les pays où il est possible de demander un visa pour les États-Unis, les critères sont particulièrement restrictifs. Les demandeurs doivent généralement prouver qu’ils ont des milliers d’euros sur leurs comptes en banque et un billet retour dans leur pays d’origine. En mai, l’administration a annoncé qu’un simple billet pour assister aux matchs suffisait pour demander un visa – en lieu et place des dépôts d’argent habituels. Mais l’annonce arrive beaucoup trop tard pour les délais de traitement des ambassades locales, et ce malgré le principe du Fifa Pass, censé accélérer le processus.
Enfin, certains ressortissants étrangers ont été confrontés à un autre problème : l’absence de consulats ou ambassades des États-Unis dans leur pays. Puisqu’ils doivent se soumettre à un entretien préalable pour obtenir un visa, cette absence de représentation diplomatique les empêche de fait de mettre un pied aux États-Unis. Cela affecte notamment les fans irakiens. Washington est généralement représenté à Bagdad, mais elle a suspendu ses activités consulaires depuis le début du conflit avec l’Iran, rendant impossible l’octroi de visa aux fans de football locaux. L’équipe iranienne est pourtant qualifiée pour cette compétition pour la seconde fois de son histoire et la première fois depuis 1986.
Dans certains cas, les supporters étrangers peuvent se tourner vers des matchs qui ont lieu au Canada ou au Mexique, moins restrictifs. Mais là encore, une partie des visas est refusée et la question de la représentation consulaire se pose aussi. Et c’est sans parler du prix des billets de cette Coupe du monde. À cause de la tarification dynamique et des reventes, les prix atteignent des sommets. Selon RMC Sport, le record, pour le moment, est à 17.199 euros pour le match de groupe qui opposera l’Espagne à l’Uruguay.
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