Le choc Ormuz : ce que la guerre en Iran a définitivement changé pour les trésoriers d’entreprise.
Six semaines de fermeture du détroit ont mis à nu la fragilité des politiques de gestion du risque énergétique.

Il a suffi de quelques heures. Le 28 février 2026, les premières frappes américano-israéliennes sur l’Iran déclenchent la fermeture du détroit d’Ormuz. En moins d’une semaine de cotation, le baril de Brent bondit de 30 %. Le gaz naturel européen triple pour atteindre 90 euros le mégawattheure. Et dans les services financiers de milliers d’entreprises françaises, les tableaux de bord virent au rouge.
Le réveil brutal des trésoreries
Parmi les entreprises exposées aux variations des cours, 79 % déclarent un impact négatif sur leur trésorerie dès le mois de mars. Un mois plus tard, la situation s’est encore dégradée. En avril 2026, 92 % des entreprises exposées aux prix des matières premières, dont les ressources énergétiques, jugent cet impact négatif, contre 79 % en mars. La part des trésoriers constatant une hausse des coûts d’emprunt a plus que doublé pour atteindre 57 %. Ces chiffres, issus de l’enquête mensuelle de l’AFTE, du METI et de Rexecode, constituent le bilan financier le plus précis disponible à ce jour de l’onde de choc iranienne sur le tissu économique français.