Tsahal a décidé d’arrêter d’acheter en France des armes. C’est une décision qui ne va pas faire trembler le secteur de l’armement français.
L’ex-ministre de la Défense Sébastien Lecornu avait écrit l’an dernier que « la très petite partie des exportations qui s’avère effectivement destinée aux forces armées israéliennes » consiste en des équipements de défense aérienne destinés au système antimissile israélien Iron Dome.
Le ministre a déclassifié un document en juin pour étayer ses déclarations.
« Essentiel pour les opérations terrestres ».
Dans le rapport 2025, le ministère des armées minimise l’augmentation des commandes israéliennes, qui ne représentent que « 0,13 % du total des commandes enregistrées ».
À titre de comparaison, les commandes d’armes françaises se sont élevées à 1,25 milliard de dollars pour l’Irak, 718 millions de dollars pour les Émirats arabes unis et 170 millions de dollars pour l’Arabie saoudite.
Quant aux licences approuvées par l’État, système permettant au gouvernement de s’assurer que les ventes sont conformes aux engagements internationaux de la France en matière de contrôle des armements et de non-prolifération, notamment en fixant des conditions, le ministre justifie leur doublement à destination d’Israël par « la nécessité d’autoriser, comme cela se produit environ tous les trois ans, un flux de composants de munitions qui seront réexportés vers la France pour répondre aux besoins nationaux ».
En 2024, deux licences d’une valeur de 122 millions d’euros ont été accordées à Israël dans la catégorie ML3 (« munitions et dispositifs de réglage de roquettes »), six licences d’une valeur de 6,4 millions d’euros ont été délivrées pour des équipements ML5 (« équipements de contrôle de tir, de surveillance et d’alerte ») et trois licences, d’une valeur de 5 millions d’euros, pour la catégorie M15 (« équipements d’imagerie ou de contre-mesures »).
Aymeric Elluin, responsable du plaidoyer sur les armes à Amnesty International France, a déclaré à Mediapart que « ces équipements d’imagerie et de contrôle de tir sont essentiels pour mener des opérations terrestres ».
Le rapport indique qu’en 2024, la France a explicitement ou implicitement refusé 54 demandes de licence, sans préciser pour chaque pays, rapporte Mediapart. Les licences ne donnent pas automatiquement lieu à une commande ou à une livraison.
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