Un nouveau jeu vidéo pour enseigner la Shoah
« Mon but est de faire que plus de développeurs s’y intéressent pour garder en vie la mémoire de la Shoah » (Luc Bernard)


Le jeu vidéo « The Light in the Darkness » (La Lumière dans les Ténèbres), disponible depuis peu sur ordinateur a pour ambition d’enseigner la Shoah à ses joueurs. Son créateur le décrit comme le premier à représenter fidèlement l’entreprise d’extermination des Juifs d’Europe par les Nazis. Le joueur peut incarner les membres d’une famille juive française d’origine polonaise sous le régime collaborationniste de Vichy, jusqu’à leur arrestation en 1942 pendant la rafle du Vel d’Hiv, leur transfert vers le camp de Pithiviers et leur déportation dans les camps de la mort.
Le français Luc Bernard, concepteur de « The Light in the Darkness », considère comme problématique l’absence de la Shoah dans les jeux vidéo. « Les jeunes jouent à des jeux sur la Seconde Guerre mondiale, comme ‘Call of Duty’, où ce n’est presque pas évoqué », regrette-t-il. « C’est un peu comme si l’on niait que ça avait existé », poursuit-il.
Il compare son jeu à « un film d’animation interactif » dans lequel le joueur n’a pas la possibilité de modifier l’histoire. « Je ne pouvais pas faire un jeu où l’on gagne à la fin », explique-t-il. « Ce n’était pas ça la Shoah, il n’y avait pas le choix. »

Avant de créer le jeu, Luc Bernard a consulté les archives du musée américain du mémorial de l’Holocauste à Washington et du musée de l’Holocauste de Los Angeles. Il a aussi recueilli des témoignages de survivants. Il a même déjà prévu une deuxième édition du jeu où fera raconter leur expérience à certains d’entre eux. « The Light in the Darkness » est disponible gratuitement sur la boutique en ligne d’Epic Games.
Luc Bernard veut « changer les choses au niveau éducatif » grâce aux centaines de milliards de dollars générés par les jeux vidéo et un réservoir de joueur dans le monde entier. Son but est de toucher un public large, notamment chez les plus jeunes. « Mon but est de faire que plus de développeurs s’y intéressent pour garder en vie la mémoire de la Shoah », confie-t-il.


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