Sam Altman, l’entrepreneur technologique juif à l’origine du mastodonte d’intelligence artificielle (IA) OpenAI a de très nombreux liens avec l’Etat Hébreu.
Personne ne s’étonne en Israël que parmi les grands patrons de l’IA désignés personnalités de l’année 2025 par le magazine « Time » figure Sam Altman.
Sam Altman avait visité Tel-Aviv, dans le cadre d’une tournée mondiale visant à rencontrer des utilisateurs et des développeurs d’intelligence artificielle, ainsi que des décideurs politiques. Au cours de sa visite en Israël, Sam Altman avait visité un centre de recherche et de développement de Microsoft Israël et avait participé à un événement à l’université de Tel-Aviv.
Sam Altman a cofondé OpenAI en 2015 avec Elon Musk. L’objectif était alors de créer un laboratoire de recherche et de développement à but non lucratif avec pour mission de veiller à ce que l’IA profite à l’ensemble de l’humanité.
Microsoft, qui s’est impliqué dans les travaux d’Open EI, exploite actuellement plusieurs centres de développement en Israël, notamment à Herzliya, Haïfa, Tel Aviv et Nazareth.
Le géant de la technologie emploie plus de 2 000 personnes en Israël, travaillant principalement dans le domaine de la R&D sur des projets tels que la cybersécurité, les technologies d’IA, le big data et les soins de santé.
Sam Altman: « Israël est un petit pays dont l’impact dépasse de loin son poids spécifique », Sam Altman a eu l’occasion à plusieurs reprises de travailler avec des startups israéliennes. Ce qui l’a frappé : la densité du talent en Israël et l’ambition et la motivation acharnée de ses entrepreneurs. « Ces deux caractéristiques ensemble conduiront à une incroyable prospérité tant dans la recherche sur l’IA que dans ses applications ».
LE PLUS.
Pour la dernière semaine de l’année, François Saltiel revient sur une collection de portraits de ceux qui ont fait l’actualité de la Tech en 2025, premier épisode avec le patron d’OpenAI : Sam Altman.
Sam Altman, un nom, il y a trois ans, complètement inconnu du grand public, et qui s’est imposé de manière aussi fulgurante que notre usage de l’assistant conversationnel ChatGPT. Sam Altman en est le père fondateur et à 40 ans il est un des milliardaires les plus en vue de la Silicon Valley. Il incarne à la fois les craintes et les espoirs les plus fous autour de l’intelligence artificielle générative avec sa structure fondée en 2015, OpenAI. Un laboratoire passé, en quelques années, d’organisation non lucrative à une des entreprises les plus valorisées au monde.
Mais avant de revenir sur les contours de cette bifurcation, quelques mots sur le parcours de ce quadragénaire discret qui, à l’image de ses congénères de la tech, dispose de son uniforme vestimentaire composé du combo jean-tee shirt. Une apparence classique, voire banale, pour mieux porter un discours grandiloquent car Altman croit dur comme fer à l’émergence d’une superintelligence artificielle, une technologie tellement développée qu’elle pourrait nous offrir des « supers pouvoirs », ce sont ses mots pour vivre dans une société où l’IA gouvernerait notre industrie en impactant tous les secteurs, de l’armée à la création en passant par l’éducation.
À écouter
Et en parlant d’études, Sam Altman a suivi l’itinéraire habituel en passant par Stanford. L’université californienne offre la possibilité de développer sur son campus sa startup. Stanford, c’est l’assurance de bénéficier à la fois des meilleurs enseignements théoriques et de la mise en relation avec des investisseurs en quête de la nouvelle pépite. Mais, il n’ira pas au bout de son cursus, déjà appelé par l’esprit d’entreprise.
À 20 ans, il fonde sa première start-up. Baptisée Loopt, elle permet à l’utilisateur de partager sa position géographique de manière sélective en complémentarité avec les réseaux sociaux émergents. En 2014, il dirige « Y Combinator », le puissant incubateur qui a, entre autres, permis le développement d’Airbnb, Reddit ou encore Dropbox. Sam Altman dispose donc d’un solide carnet d’adresses.
À 30 ans, il fonde – avec un certain Elon Musk – OpenAI, un laboratoire non lucratif chargé d’œuvrer pour la recherche autour des intelligences artificielles. L’appât du gain devient trop appétissant pour un Altman qui entend transformer cette mission originelle en machine à cash. Un an après la naissance de ChatGPT, il se fait débarquer par son propre conseil d’administration puis, soutenu par l’investisseur Microsoft, il revient avec les pleins pouvoirs pour développer à grand train ses produits.
OpenAI est aujourd’hui valorisée à plus de 500 milliards de dollars. L’entreprise reste néanmoins dépendante des levées de fonds pour maintenir cette cadence car OpenAI n’est toujours pas rentable et son modèle fonctionne sur la croyance qu’elle le sera un jour.
À ce titre, Sam Altman est un « prophète de l’IA », dont l’astuce est d’arriver à se faire passer pour le sauveur d’un péril qu’il a lui-même engendré. Il y a indéniablement chez lui un génie à pouvoir rester au centre d’une industrie dont il est devenu, en une seule décennie, une voix aussi impénétrable qu’incontournable.
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Journaliste, producteur de « Un monde connecté » et de « La Fabrique de l’information » sur France Culture
