Le 4 janvier 2026 a été un jour historique pour l’économie israélienne : le dimanche est devenu chômé pour la Bourse de Tel Aviv et pour les employés qui y travaillent. Il s’agit bien d’une réforme aux allures de révolution.

La semaine de travail en Israël est sans doute unique au monde : elle débute le dimanche et s’achève le vendredi à la mi-journée. Contrairement à la plupart des pays occidentaux, le dimanche en Israël est un jour ouvrable : le « week-end » couvre le vendredi après-midi et le samedi, soit un jour et demi.

La situation particulière d’Israël repose sur les règles du judaïsme qui interdisent tout travail le Shabbat ; en revanche, le dimanche – à connotation chrétienne – est considéré comme le premier jour de la semaine de travail dans l’État juif.

Synchronisation internationale

Depuis longtemps, la semaine de travail en Israël est l’objet de vives controverses entre les acteurs de la vie économique, les dirigeants politiques et le monde religieux. Pour une raison concrète : l’économie israélienne n’est donc pas synchronisée avec les pays occidentaux.

Effectivement, les Israéliens ne peuvent pas effectuer de transactions internationales le dimanche puisque le jour est chômé à l’étranger : le secteur financier en général (banques, bourse et agences gouvernementales) est à l’arrêt, et les transactions du dimanche devront attendre le lundi pour être réalisées.

Cette « anomalie » pèse lourd sur de nombreux secteurs de l’économie israélienne, notamment ceux qui sont très liés à l’étranger. Le premier secteur à en pâtir est la bourse de Tel Aviv : les places financières mondiales étant fermées le dimanche, les investisseurs étrangers sont rares, voire absents des transactions boursières réalisées en Israël.

Après maintes tergiversations, la bourse de Tel Aviv a décidé de s’aligner sur la tendance mondiale : à compter de janvier 2026, elle est fermée le dimanche mais ouvre le vendredi. Au passage, la durée hebdomadaire du travail sera réduite de deux heures : les six heures de travail du dimanche sont remplacées par quatre heures de travail le vendredi.

Durée du travail

Au-delà des objectifs de synchronisation avec le marché boursier mondial, le raccourcissement de la semaine de travail en Israël symbolise la poursuite de la tendance à l’équilibre entre travail et loisirs sur le marché local.

La situation actuelle est connue : l’Israélien travaille trop, ce qui se traduit par une productivité du travail relativement modérée.

Les chiffres comparatifs des 38 pays de l’OCDE concernant les heures effectivement travaillées sont sans équivoque : en 2024, l’Israélien a travaillé 1 877 heures, soit très au-dessus de la moyenne des pays occidentaux (1 736 heures par an).

Les heures travaillées en Israël sont largement supérieures à celles de ses principaux partenaires européens comme l’Allemagne (1 331 heures) et la France (1 491 heures).

En Israël, la durée légale du travail est de 42 heures par semaine. Si le dimanche chômé permettait de réduire la durée annuelle de travail, tous les acteurs y gagneraient au change :

  • la productivité du travailleur augmentera,
  • sa santé physique et mentale s’améliorera.

Vivement Dimanche…

à propos de l’auteur
Jacques Bendelac est économiste et chercheur en sciences sociales à Jérusalem où il est installé depuis 1983. Il possède un doctorat en sciences économiques de l’Université de Paris. Il a enseigné l’économie à l’Institut supérieur de Technologie de Jérusalem de 1994 à 1998, à l’Université Hébraïque de Jérusalem de 2002 à 2005 et au Collège universitaire de Netanya de 2012 à 2020. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles consacrés à Israël et aux relations israélo-palestiniennes. Il est notamment l’auteur de « Les Arabes d’Israël » (Autrement, 2008), « Israël-Palestine : demain, deux Etats partenaires ? » (Armand Colin, 2012), « Les Israéliens, hypercréatifs ! » (avec Mati Ben-Avraham, Ateliers Henry Dougier, 2015) et « Israël, mode d’emploi » (Editions Plein Jour, 2018). Dernier ouvrage paru : « Les Années Netanyahou, le grand virage d’Israël » (L’Harmattan, 2022). Régulièrement, il commente l’actualité économique au Proche-Orient dans les médias français et israéliens.
Comments
Partager :