« Le Shas ne sera jamais un parti comme les autres ».
Pour le sociologue Zeev Sternhell, le parti Shas, religieux et tribal, veut faire sortir la moitié de la population juive du creuset laïc.
La tendance de la société israélienne à se fragmenter en secteurs quasi autonomes est à son comble. La question est de savoir s’il faut accepter cette évolution ou s’il faut la freiner avec la même énergie que celle déployée pour conclure le processus de paix.
Dans une société moderne, la religion relève de la vie privée et ne constitue pas le fondement de l’identité nationale. Une société progressiste ne peut tolérer des systèmes scolaires parallèles comme ceux qui se développent aujourd’hui en Israël.
Ce tribalisme est un signe d’arriération. Certes, nous devons aujourd’hui accepter cette situation et attendre que la prochaine génération l’éradique. Pour autant, encourager consciemment la tiers-mondisation de notre pays sous prétexte de sauver le processus de paix est intolérable. Pourquoi ? Parce que le Shas ne sera jamais un parti comme les autres.
La réalité, c’est que, ici comme dans le tiers-monde, le fanatisme religieux rejoint l’extrémisme nationaliste. Ce n’est pas par hasard qu’Ovadia Yossef [le chef spirituel du Shas] condamne l‘ “abandon de la Judée-Samarie” [la Cisjordanie]. Le Shas a accompli le tour de force de devenir un véritable mouvement ouvrier tout en récupérant des électeurs orientaux du Likoud orphelins de Menahem Begin.
Premier quotidien (1919) publié en hébreu en Palestine sous occupation britannique, “Le Pays” est le journal de référence chez les politiques et les intellectuels israéliens. Il appartient au groupe Schocken, de la dynastie d’éditeurs juifs inaugurée par Salman Schocken en Allemagne et ensuite en Palestine entre les deux guerres mondiales. Son éditeur actuel est Amos Schocken et son rédacteur en chef est Aluf Benn.
Aujourd’hui de gauche libérale, Ha’Aretz a longtemps cultivé une ligne centriste proche des anciens partis juifs libéraux de Palestine et ensuite d’Israël, ligne indépendante d’un mouvement travailliste longtemps omnipotent (et qui disposait de ses propres organes de presse) et davantage encore de la droite nationaliste. La sobriété de sa mise en page sert une politique éditoriale centrée sur l’analyse et le débat. Incontournable, son édition sabbatique est agrémentée de deux suppléments, politique et culturel.
Le site hébréophone propose l’intégralité de l’édition imprimée, augmentée de rubriques propres (blogs, dossiers thématiques, etc.). Moins fourni, le site anglophone reproduit partiellement les contenus de la version originale hébréophone, mais il est augmenté de rubriques propres.
Le tirage papier est de 72 000 exemplaires pour le Ha’Aretz hébréophone (110 000 le week-end) et de 24 000 pour son édition anglophone. En revanche, sur le web, c’est le site anglophone qui tient le haut du pavé grâce à un vaste lectorat étranger non hébréophone : Juifs européens, Juifs nord-américains et observateurs non juifs du conflit israélo-palestinien.