Le grand retour de la Turquie
Les intérêts de la Turquie dans l’accord de cessez-le-feu à Gaza sont multiples ; une reprise des relations économiques avec Israël sera surtout favorable aux entreprises turques, privées de leurs débouchés israéliens depuis plus d’un an.
La guerre commerciale n’est pas toujours un outil politique efficace. L’exemple le plus impressionnant est l’interdiction par la Turquie d’exporter vers Israël, décision prise au début de la guerre à Gaza mais qui a été rapidement contournée par d’autres pays.
- En avril 2024, le président turc Erdogan annonçait l’interdiction d’exporter 54 marchandises vers Israël, principalement des matières premières de construction comme le ciment et des produits métalliques.
- Un mois plus tard, l’interdiction a été étendue et la Turquie a bloqué tout son commerce avec Israël.
- En août 2025, le président turc déclarait officiellement la rupture totale des relations économiques avec Israël.
- Les importations israéliennes en provenance de Thaïlande entre janvier et août 2025 se sont élevées à 958 millions de dollars, contre 377 millions de dollars à la même période de 2024, soit un bond de plus du double.
- De même, le bond des importations israéliennes en provenance des pays voisins a été particulièrement fort depuis début 2025, comme la Jordanie (+55 %) et l’Égypte (+33 %).
- Parmi les fournisseurs plus lointains, on remarquera que les importations de la Chine ont fait un bond de 22 % et celles de l’Inde de 10 %.
- Même l’Autorité palestinienne à Ramallah qui, d’ordinaire, n’achète pas de marchandises à la Turquie, s’est mise rapidement à se fournir à Ankara pour plusieurs millions de dollars par an ; des marchandises qui, en toute vraisemblance, sont ensuite transférées vers Israël.
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