Israël en route vers un protectorat américain.
Le président américain Donald Trump (à droite) écoutant le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’adresser à la Knesset, à Jérusalem, le 13 octobre 2025. (Crédit : Saul Loeb/POOL/AFP)
L’influence croissante des États-Unis sur le Proche-Orient conduit beaucoup d’Israéliens à se demander si leur pays est devenu le 51e État des États-Unis ; le soutien sans faille du président Trump tend à faire d’Israël un État protégé, voire un protectorat américain.
La récente mise en place par les États-Unis d’un Centre de Coordination Civilo-Militaire à Kiryat Gat, dans le sud d’Israël, a relancé une polémique vieille de 44 ans : en décembre 1981, Menahem Begin accusait l’administration Reagan de traiter Israël comme un État vassal ; le Premier ministre israélien était furieux contre le président américain qui avait pris des mesures punitives à l’encontre d’Israël en réponse à l’annexion du plateau du Golan.
En 2025, les termes ont changé mais pas forcément leur signification. Récemment, c’est le néologisme « Bibisitting » qui fut utilisé par des responsables américains pour qualifier les relations entre les deux pays : les États-Unis surveillent Benjamin Netanyahu de très près pour s’assurer que le Premier ministre israélien ne fasse pas dérailler l’accord de cessez-le-feu qu’ils ont négocié à Gaza.
« Vassal », « Bibisitting », « Protectorat » ou « 51e État » : le qualificatif ne change rien au fait qu’Israël est largement dépendant des États-Unis, sur le plan économique comme politique.
À l’origine des relations étroites entre les deux pays réside le soutien financier que le gouvernement américain accorde chaque année à son allié israélien. Ce soutien, qui a connu différentes formes et phases, a fini par se traduire par une forte dépendance d’Israël vis-à-vis du contribuable, du consommateur et de l’investisseur américain. Quelques chiffres suffiront à le prouver.
Commerce bilatéral
Selon l’Institut central de la Statistique à Jérusalem, les échanges commerciaux d’Israël en 2024 étaient largement dépendants du marché américain :
- les États-Unis absorbent 17 milliards de dollars de marchandises israéliennes par an, soit 28 % des exportations israéliennes de marchandises ;
- les États-Unis absorbent 20 milliards de dollars de services israéliens par an, soit 35 % des exportations israéliennes de services.
- les Américains ont investi pour 24 milliards de dollars en Israël, soit 73 % des investissements étrangers ;
- à la seconde place – mais loin derrière les États-Unis – se trouve la France, avec des investissements de 3,7 milliards de dollars (10 % des investissements étrangers en Israël).
- pour la période qui va de 2019 à 2028, l’aide militaire américaine se monte à 3,8 milliards de dollars par an ;
- en avril 2024, une aide exceptionnelle d’environ 14 milliards de dollars fut débloquée par l’administration américaine, sans compter la livraison quasi-illimitée d’armes et d’équipements militaires.
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