En Inde, trois hommes sont morts car Google Maps leur a fait prendre un pont inachevé. Cette histoire aurait pu aussi se dérouler en Israël où certaines routes très dangereuses sont suggérées par Waze.
Selon www.slate.fr:
« L’application pourrait-elle être tenue responsable des différents accidents mortels survenus dans le pays ces dernières années?
Google Maps est l’application de navigation la plus populaire en Inde: l’immense majorité de la population qui a besoin d’un GPS fait appel à cette appli. Celle-ci alimente également les services de nombreuses plateformes de covoiturage, de commerce électronique et de livraison de repas. Selon certaines informations, elle compte environ
60 millions d’utilisateurs actifs rien que dans le pays et enregistre près de 50 millions de recherches par jour.
D’autres victimes connues
Ce n’est hélas pas la première fois que l’application est critiquée pour avoir fourni des indications incorrectes. Par le passé, elle a même déjà provoqué des
accidents mortels. C’est ainsi qu’en 2021, un habitant de l’État du Maharashtra s’est noyé après avoir emprunté un barrage avec sa voiture comme Google Maps le lui avait indiqué. En 2023, deux jeunes médecins du Kerala sont aussi morts après avoir conduit leur voiture dans une rivière. La police a déclaré qu’ils avaient suivi un itinéraire indiqué par l’application et
a mis en garde les utilisateurs contre le fait de trop s’y fier lorsque les routes étaient inondées.
Quand tout fonctionne normalement, Google Maps procède de la façon suivante pour prendre en compte les changements. Les signaux
GPS des applications des utilisateurs suivent les variations de trafic le long des itinéraires: une augmentation indique une congestion, tandis qu’une diminution suggère qu’une route est moins fréquentée. L’application reçoit également des mises à jour des gouvernements et des utilisateurs sur les embouteillages ou les fermetures.
Les plaintes liées au
trafic intense, ou celles notifiées par les autorités, sont prioritaires, car Google n’a pas la main-d’œuvre nécessaire pour traiter les millions de plaintes qui affluent quotidiennement. C’est ce qu’explique Ashish Nair, fondateur de la plateforme de cartographie Potter Maps et ancien employé de Google Maps:
«Un opérateur de carte utilise ensuite l’imagerie satellite, Google Street View et les notifications gouvernementales pour confirmer le changement et mettre à jour la carte.»
Selon Ashish Nair, les
applications de navigation ne peuvent être tenues responsables des accidents, car leurs conditions de service indiquent clairement que les utilisateurs doivent appliquer leur propre jugement sur la route et que les informations fournies par l’application peuvent différer des conditions réelles. Il souligne qu’il est tout simplement très difficile pour une plateforme comme Google, qui gère les cartes du monde entier, de suivre tous les changements qui se produisent sur une route.
Ajoutons que contrairement à d’autres pays,
l’Inde ne dispose pas non plus d’un système fiable permettant de signaler ces problèmes à temps.
«Les données demeurent un défi majeur en Inde. Il n’existe pas de système permettant d’enregistrer les changements d’infrastructure dans une interface web, qui pourrait ensuite être utilisée par des applications comme Google Maps», explique Ashish Nair, qui cite Singapour comme un exemple à suivre.
«Les cartes de mauvaise qualité ne seront pas près de disparaître tant que les gouvernements ne seront pas plus proactifs dans la collecte et le partage des données.»
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