C’est un déplacement plutôt rare pour un président français.
Emmanuel Macron entame ce mercredi une visite d’Etat en
Suisse, signal d’un réchauffement entre les deux pays avec la relation à l’Europe en point de mire.
En septembre 2022, la Suisse avait cueilli les autorités françaises à froid en annonçant son choix du F-35 américain de préférence au Rafale français pour moderniser son armée de l’air, un contrat de plus de 6 milliards d’euros. Berne avait déjà choqué toute l’
Union européenne en mai 2021 en annonçant renoncer aux négociations d’un accord-cadre avec les 27, après des années de discussions.
Macron veut un accord Suisse-UE « au plus vite »
La page Rafale est désormais tournée et le gouvernement suisse a repris langue avec Bruxelles et se prépare à négocier avec la Commission. « Il faut que cette dynamique se concrétise », estime une conseillère d’Emmanuel Macron, précisant que ce dernier portera « un message d’accélération » pour « relancer les négociations afin de parvenir à un accord au plus vite ».
« Les relations avec l’UE devront être au centre des discussions », souligne pour sa part Charles Juillard, président de la Délégation pour les relations avec le Parlement français dans un entretien avec l’agence Keystone-ATS. Le rapprochement avec l’UE est un sujet politique très sensible en Suisse. Les syndicats ont déjà dit leur scepticisme, le premier parti du pays, l’UDC (droite radicale) aussi.
La bonne entente avec Alain Berset
Le président français et son épouse Brigitte auront droit aux égards réservés aux hôtes les plus importants, alors que ces visites françaises sont rares. Outre François Hollande en 2015, seuls Jacques Chirac en 1998, François Mitterrand en 1983 et Armand Fallières en 1910 avaient fait ce déplacement.
Emmanuel Macron sera accueilli à sa descente d’avion par Alain Berset, le président de la Confédération. La presse suisse souligne que les deux hommes s’apprécient. Mais celui qui reste le membre le plus populaire du Conseil fédéral va quitter ses fonctions à la fin de l’année. Honneurs militaires, rencontre avec les sept membres du Conseil fédéral, discours au Palais du parlement et dîner de gala marqueront la première journée.
Visite du Cern
Celle de jeudi sera par contre beaucoup moins protocolaire. Le président l’a placée sous le signe de l’Europe. Il ira visiter la Fondation Jean Monnet pour l’Europe à Lausanne avant de rencontrer des étudiants de l’Université pour parler des « grands enjeux sociétaux » de l’UE.
L’économie jouera aussi son rôle, la Suisse étant le troisième investisseur en France. Emmanuel Macron aura ainsi l’occasion de rencontrer des responsables économiques à Lausanne, avant de prendre un train spécial pour Genève avec des dirigeants de jeunes pousses à son bord. Le voyage de deux jours se conclura sur une note de sciences fondamentales avec la visite du
Cern, le laboratoire européen pour la recherche nucléaire et la physique des particules, à cheval sur la frontière franco-suisse.
Laisser un commentaire