Editorial (qui n’engage que son auteur). Jean-Luc Mélenchon, qui vient de sortir un flot d’imbécilités sur « l’attaque de l’AFP à Gaza », fait partie de ses personnages qui méritent certainement d’être punis à la synagogue le jour de Pourim. Ce jour là on maudit un Roi qui était haineux envers les juifs. Ce politicien est le roi des mots équivoques. En Israël, Mélenchon est totalement inconnu. Il pourrait même se balader dans les rues de Tel-Aviv sans se faire arracher sa chemise. En fait, il ne compte pas vraiment.
Pour ceux qui ne le savent pas, c’est le CRIF, et son ex-President Roger Cukierman, qui a été le premier à comprendre que Mélenchon avait une attitude équivoque vis à vis des juifs et surtout d’Israël. C’est ainsi que Mélenchon, n’a jamais été invité au célèbre dîner-poisson du CRIF. Pour ceux qui veulent tout savoir sur le « Mélenchonisme et Israël », vous devez suivre le compte Twitter de Julien Bahloul.
Le leader de La France Insoumise a accusé la présidente de l’Assemblée nationale, qui était en visite en Israël pendant le week-end, de « camper à Tel Aviv pour encourager le massacre ». « Pas au nom du peuple français ! », a-t-il ajouté. Un choix des mots pas anodin et qui renvoie aux camps de concentration, pour Mme Braun-Pivet. (DR)
DANS LE POINT. « Mélanchon c’est-il sciemment mis dans la zone grise ? Jean-Luc Mélenchon se retrouve une nouvelle fois pris dans un tourbillon de reproches, lui qui est notamment accusé d’avoir utilisé des propos empruntant à la rhétorique antisémite pour s’en prendre à Yaël Braun-Pivet.
« Connaissant un peu Jean-Luc Mélenchon, je suis convaincue qu’effectivement le mot « camper » n’a pas été choisi par hasard et que le fait que je favorise les massacres, c’est à nouveau une nouvelle cible qu’on me met dans le dos », a réagi lundi cette descendante d’immigrants juifs polonais et allemands.
De l' »antisémitisme électoral » pour la Licra, qui y a vu une « filiation directe » avec « Édouard Drumont, qui se fit élire député à Alger, en 1898, en cultivant la haine des juifs ». « Il ne faut pas exagérer », tempère le sociologue Michel Wieviorka, chercheur à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS).
« Les propos de Jean-Luc Mélenchon se situent sur un axe qui pourrait conduire vers l’antisémitisme, mais ne sont pas en eux-mêmes antisémites. C’est pour ça qu’il est perçu comme ambigu ou ambivalent », estime-t-il. « Il faut garder la tête froide », abonde le politologue Jean-Yves Camus, spécialiste de l’extrême droite.
« Jean-Luc Mélenchon n’a pas dit que les chambres à gaz étaient un point de détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale », comme le fit Jean-Marie Le Pen, rappelle-t-il. « Le verbe « camper » est un terme qui a été utilisé classiquement, y compris dans les années 1930, par toute une littérature antijuive qui accusait les juifs de « camper » dans les pays où ils s’installaient sans trop d’égard pour le pays en question », précise Jean-Yves Camus, en parlant de « termes inappropriés qui laissent la place à des accusations ».
Le triple candidat à la présidentielle a pour sa part dénoncé une « absurde police des mots ».
« Absence de sensibilité ».
Dans la famille élargie de la gauche, même si les critiques pleuvent contre l’attitude de Jean-Luc Mélenchon, personne ne lui reproche d’être animé par un quelconque sentiment antijuif. « J’ai toujours dit que Jean-Luc Mélenchon n’était pas antisémite », affirmait la semaine dernière à des journalistes le député socialiste Jérôme Guedj, qui a longtemps été un compagnon de route du leader insoumis. M. Guedj pointe plutôt une « absence de sensibilité » sur cette question.
Diagnostic similaire pour la députée écologiste Sandrine Rousseau: « Il ne faut pas entretenir la confusion, LFI n’est pas antisémite », a-t-elle plaidé la semaine dernière sur Radio J en estimant que, de manière générale, la gauche devait mieux travailler sur la question de la lutte contre la haine antisémite.
L’accusation portée contre Jean-Luc Mélenchon, grave, rappelle celle portée par des élus de la majorité quand Mathilde Panot avait qualifié l’année dernière Elisabeth Borne, fille d’ancien résistant juif déporté, de « rescapée ». « Aucune référence à sa terrible histoire familiale », avait assuré la cheffe des députés LFI.
« Ambiguïtés »
Le coordinateur de LFI Manuel Bompard rappelle régulièrement que personne dans son mouvement n’a été condamné pour des propos antisémites.
Mais Jean-Luc Mélenchon a plusieurs fois fait l’objet de telles accusations, qu’il réfute fermement, de la part de ses adversaires politiques.
En 2019, il avait ainsi dénoncé les « oukases arrogants des communautaristes du Crif », principale organisation juive de France, avec qui il multiplie les passes d’armes verbales.
« Dois-je raconter ma vie pour expliquer que l’antisémitisme n’est pas dans mes moyens ? Il y en a ras-le-bol d’utiliser cet argument pour disqualifier », s’était-il expliqué.
« Inventer des antisémites, c’est grave et le Crif passe son temps à ça, à sortir son rayon laser et quand quelqu’un dit quelque chose qui ne lui plaît pas, il vous insulte en vous qualifiant d’antisémite », avait-il ajouté.
Surtout, l’ombre embarrassante de Jeremy Corbyn plane au-dessus du mouvement. LFI en est proche et Jean-Luc Mélenchon l’a défendu même s’il avait été accusé de minimiser l’antisémitisme au sein du Labour, quand il dirigeait le parti. Ce qui lui avait coûté son poste.UN ARTICLE LE POINT (COPYRIGHTS):
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