Dès dimanche, le groupe de hackers pro-russe Killnet a attaqué un site Web du gouvernement israélien et celui du Shin Bet, le service de renseignement intérieur, les rendant indisponibles pendant plusieurs heures, selon le site de surveillance Check-host.net ». De nombreuses failles existent sur la puissance de frappe technologique d’Israël. Nous allons parler de quelques unes.
FAILLE DE IRON DOME. Selon Les Echos : « La densité de l’attaque de roquettes du Hamas a mis en lumière une faille du bouclier antimissile israélien qui, face à une offensive de plusieurs centaines de roquettes par minute, ne serait pas aussi efficace qu’il le devrait. Le renseignement israélien n’a rien vu venir, le mur n’a pas tenu et le Dôme de fer (Iron Dome), dernier rempart contre les tirs de roquettes, a été incapable de faire face à l’offensive. Ce système de défense était pourtant réputé comme le bouclier ultime contre les roquettes qui viendraient frapper le territoire israélien. Entre le 7 et le 8 octobre, plus de 5000 tirs ont été lancés, note Elliot Chapman, expert du Proche-Orient pour la société de renseignement britannique Janes. Un grand nombre a atteint son but. La densité de cette attaque a confirmé le talon d’Achille du système considéré comme l’un des plus efficaces de la planète: la saturation. Si le feu est trop nourri, le Dôme qui en théorie est capable de détruire 97% des projectiles, ne peut finalement pas tout intercepter. Cette faille n’est pas une découverte. En mai 2021, le Hamas avait déjà réussi à mettre en défaut le système en tirant des milliers de roquettes, par vague de plusieurs centaines par minute. En mai dernier, un « dysfonctionnement » a permis d’intercepter seulement 24 projectiles sur une centaine tirée simultanément. Pour l’attaque du 7 octobre, le Hamas n’a fait que répéter cette méthode de saturation, mais en l’amplifiant ». LIBERATION : « Au premier jour, le Hamas a revendiqué avoir tiré près de 5 000 roquettes. C’est très difficile à vérifier, évidemment, au-delà de la propagande. Mais en un seul jour, ils a tiré l’équivalent de l’ensemble de roquettes tirées lors de l’opération militaire du Hamas en 2014. Ça dit bien la montée en gamme capacitaire du Hamas. Il s’agit de frappes de saturation, qui n’ont pas pour objectif de cibler nécessairement les infrastructures critiques. Ça a été le cas avec notamment des missiles guidés. Mais globalement ce sont ce que les Israéliens appellent des «missiles statistiques» : le but était de saturer la défense antiaérienne au moment où les commandos islamistes du Hamas pénétraient en territoire israélien, pour contourner les fortifications, les barrières physiques imposées par les Israéliens aux frontières.La défaillance des services de renseignement israéliens à prévoir et à empêcher l’attaque du Hamas est avant tout la conséquence des choix politiques et stratégiques des dirigeants.
Qui, en Israël, est responsable de ce qui s’apparente à un véritable « 11-Septembre israélien » ? Cette question dominera encore longtemps les débats dans l’Etat hébreu. Elle monopolisera en particulier l’attention des habitants du sud du pays, qui ont payé un très lourd tribut dans cette attaque digne de l’organisation Etat islamique. Une commission d’enquête, si elle est créée, fera toute la lumière le moment venu. Mais quelques grandes failles apparaissent d’ores et déjà clairement.
Que les services de renseignement portent leur part de responsabilité est évident. Ils se sont endormis. Réputés tout-puissants, ils n’avaient plus aucune source d’information au sein du Hamas susceptible de les éclairer sur ce qui s’y tramait manifestement depuis de longs mois. Ils n’ont rien vu venir. Ils ne se sont pas alarmés des préparatifs à ciel ouvert qui impliquaient pourtant de nombreux membres du mouvement.
Mais il n’y a pas que cela. Le renseignement ne fonctionne pas dans un vide : il s’imprègne de l’état d’esprit dominant dans la haute sphère politico-militaire du pays, comme cela s’est passé pendant la guerre du Kippour [1973]. Le renseignement militaire d’alors avait des informations très précises sur l’imminence d’une attaque égyptienne (ce qui n’était pas le cas le 7 octobre), mais ses chefs étaient imprégnés de l’idée dominante selon laquelle toute attaque égyptienne serait brisée par l’aviation et les chars israéliens ».
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