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L’Église syrienne-orthodoxe a fêté Noël hier et au couvent Saint-Marc de Jérusalem, un jeune moine le moine palestinien de 35 ans, Boulos Khano a trouvé sa seconde vocation : ressusciter l’araméen ancien, la langue du Christ, au-delà de la liturgie de son Église.

Tout a commencé pour lui en septembre 2014. Il aurait entendu une voix intérieure lui enjoindre de se rendre à la bibliothèque et d’écrire le Notre Père en araméen. «   J’ai commencé à écrire tous les jours, dit ce fils d’artiste et neveu de calligraphe. Au début, il me fallait deux heures pour rédiger le Notre Père, aujourd’hui, il me suffit de six minutes. J’ai commencé à offrir mes manuscrits autour de moi, à ma famille, aux paroissiens, poursuit ce natif de Bethléem, puis auprès des représentants d’autres Églises : grecque-orthodoxe, catholique, luthérienne, arménienne. » À ce jour, il estime avoir diffusé pas moins de 4 500 copies. Dans le patio attenant à l’église patiente l’ambassadeur adjoint du Japon, qui s’est déplacé avec sa famille. Rien d’étonnant pour le frère Boulos Khano, qui affirme avoir offert ses manuscrits à une vingtaine d’ambassadeurs, dont ceux du Brésil, des États-Unis, de Suède, d’Allemagne…

Le confinement imposé en Israël pendant le Covid-19 lui a fourni l’occasion de se lancer dans une entreprise encore plus complexe : la rédaction des quatre Évangiles en araméen ancien. « Au début, c’était juste une idée, raconte-t-il, alors j’ai demandé à Dieu de me donner un signe de confirmation. » Le lendemain, une colombe s’installe sur le rebord de sa fenêtre. Les jours suivants, elle est suivie de nombreuses autres. « J’y ai vu le signe que j’attendais », dit-il en montrant une vidéo des pigeons filmée avec son smartphone.

«   J’ai commencé par rédiger l’Évangile de saint Marc, raconte-t-il, à cause du nom de notre monastère, mais aussi parce que c’est le plus court. » Chaque matin, il a observé le même rituel. « Je ferme la porte. J’éteins mon téléphone portable. J’allume un cierge et de l’encens puis je pose la main sur la Bible pour me bénir et bénir mon travail… et pour éviter de faire des erreurs ! » Puis il s’attable pour dix heures d’écriture par jour… Une fois rédigés à la main, ces évangiles sont imprimés, et leur reproduction est offerte à des représentants d’Église et d’État, comme pour la prière du Notre Père – qui, elle, est copiée chaque fois à la main. Mgr Anthimos Jack Yacoub, vicaire patriarcal de l’Église syrienne-orthodoxe à Jérusalem, en Terre sainte et en Jordanie, loue son «   esprit de service », sa « ferveur » et son « zèle » « Dieu use de son charisme et de son talent pour répandre sa Parole », se réjouit-il.

Le couvent Saint-Marc est situé rue Ararat, dans le quartier arménien de la Vieille Ville de Jérusalem.

Source : La Croix  Copyright

 

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